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05 février 2019 14:54; Act: 05.02.2019 15:03 Print

Honneurs pour la station du Jungfraujoch

La station de recherche, à cheval entre Berne et Valais, reçoit une récompense dans dans le domaine de la physique et une autre dans celui de la chimie.

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Depuis son inauguration en 1931, la station est ouverte aux chercheurs du monde entier. (Photo: Keystone)

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La station de recherche du Jungfraujoch se voit décerner deux récompenses. La Société européenne de physique lui rend honneur dans le domaine des sciences physiques et l'Académie suisse des sciences naturelles dans celui de la chimie.

Depuis son inauguration en 1931, la station de recherche de haute montagne du Jungfraujoch, à cheval sur les cantons de Berne et du Valais, est ouverte aux chercheurs du monde entier. Elle a été une des premières institutions à faire de la Suisse un pays reconnu pour son hospitalité à l'égard des scientifiques et pour l'excellence de ses infrastructures de recherche.

La Société européenne de physique (EPS) et l'Académie suisse des sciences naturelles (SCNAT) rendent hommage à cet esprit pionnier en lui décernant respectivement les titres de site historique de la physique et de site historique de la chimie, a indiqué la SCNAT mardi dans un communiqué.

Avancées majeures

Beaucoup d'avancées scientifiques majeures trouvent leur origine au Jungfraujoch. C'est là, en effet, que Patrick Blackett et Cecil Powell ont perfectionné la mesure du rayonnement cosmique indépendamment l'un de l'autre, ce qui a ensuite permis de comprendre des aspects fondamentaux du comportement des particules élémentaires qui constituent la matière.

Les deux Anglais ont vu leurs travaux consécutifs récompensés du prix Nobel de physique (Blackett en 1948 et Powell en 1950). De même, c'est dans la station de recherche perchée à 3450 mètres d'altitude que le Belge Marcel Migeotte est parvenu à déterminer le spectre solaire avec précision. Grâce à ces connaissances, il est aujourd'hui possible de contrôler l'efficacité des mesures prises pour protéger la couche d'ozone ou pour réduire les gaz à effet de serre, puisque le spectre du rayonnement solaire se modifie en fonction de la composition de l'atmosphère terrestre.

Un club de ski finance la recherche

Les recherches qui ont conduit au prix Nobel de chimie attribué en 1962 pour le décryptage de la structure de l'hémoglobine ont, elles aussi, commencé au Jungfraujoch. C'est là, en effet, que Max Perutz, chercheur de l'Université de Cambridge, était venu étudier la structure de la glace et des glaciers.

Il a eu l'idée de transposer les méthodes de cristallographie qu'il avait alors utilisées à l'étude des biomolécules. Passionné d'alpinisme, Perutz avait un lien particulier avec cet espace de travail à haute altitude. Cet amour a porté ses fruits: les jeunes chercheurs qui y travaillent bénéficient encore aujourd'hui d'un soutien financier du Ski Club of Great Britain et de l'Alpine Ski Club.

Le climat sous surveillance

En dehors des voies de financement, les axes de recherche ont, eux aussi, évolué. Alors que la météorologie, la médecine d'altitude, l'astronomie et l'étude des rayonnements étaient à l'honneur au début, l'accent est aujourd'hui mis sur la recherche interdisciplinaire sur l'environnement et le climat.

Les scientifiques s'intéressent en priorité à l'état de l'atmosphère et aux effets de diverses modifications sur sa composition. La plupart des données et analyses sont transmises aux scientifiques postés dans la vallée via Internet.

Plus d'une centaine de paramètres sont mesurés dans la cinquantaine de projets en cours. Mais dans tous ces changements, une constante est restée: la tradition d'internationalité de la station de recherche. Celle-ci fait notamment partie du programme Global Atmosphere Watch et joue un rôle central dans plusieurs réseaux nationaux, européens et planétaires.

L'EPS et la SCNAT dévoileront les plaques commémoratives à la station du Jungfraujoch à l'occasion de deux cérémonies différentes. Le titre d'"EPS Historic Site" sera décerné ce vendredi, et celui de "Chemical Landmark" par la SCNAT le 26 avril. L'Université de Berne organise un symposium spécifique, en anglais, à la veille de chaque cérémonie.

(nxp/ats)