Excès de langage

07 mars 2011 07:00; Act: 07.03.2011 10:15 Print

Le mot de trop qui peut coûter très cher

par Catherine Muller - La notoriété ne met pas à l’abri d’un dérapage verbal. Avec, parfois, de lourdes conséquences. Tour d'horizon des personnalités qui ont «fauté» un jour.

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John Galliano s'est mis dans de sales draps. (Photo: AFP)

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Tout le monde connaît le fameux proverbe qui recommande de tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de s’exprimer. A l’ère du politiquement correct, la formule prend tout son sens. Surtout pour celles et ceux qui exercent une fonction publique ou qui sont régulièrement exposés dans les médias.

D’autant plus que l’évolution des nouvelles technologies les contraint à faire preuve d’une vigilance permanente. Personne n’est à l’abri de voir une conversation tenue dans un cadre privé être enregistrée par un smartphone «malveillant» traînant dans les parages. Deux clics de souris plus tard, voilà les propos livrés en pâture sur la Toile aux internautes du monde entier.

Dernière «victime» en date, John Galliano, le couturier vedette de la maison Dior. Une procédure de licenciement a été engagée contre lui, en raison de propos racistes et antisémites tenus à l’encontre de trois personnes. Une vidéo accablante diffusée sur le Net le montre par ailleurs en train de déclarer son admiration pour Hitler. Galliano devra répondre d’injure raciale devant un tribunal. Quant à sa carrière de styliste, elle a désormais du (sérieux) plomb dans l’aile.

Galliano n’est toutefois pas un cas isolé (lire ci-dessous et ci-contre). Gageons qu’il ne sera malheureusement) pas le dernier.

Eric Zemmour, le 6 mars sur France Ô

Le 18 février dernier, le journaliste politique Eric Zemmour a été condamné à 2000 euros d’amende (2500 fr.) avec sursis pour provocation à la discrimination raciale. Le 6 mars 2010, sur France Ô, il affirmait que les employeurs «ont le droit de refuser des Arabes ou des Noirs». En revanche, il a été relaxé pour ses propos tenus le même jour dans l’émission «Salut les Terriens» (Canal+). Il y déclarait que «les Français issus de l’immigration sont plus contrôlés que les autres parce que la plupart des trafiquants sont Noirs et Arabes... C’est un fait.» Malgré sa condamnation, Eric Zemmour ne sera pas privé de micro ou de plume par ses multiples employeurs. Les dirigeants de France 2, de RTL et du «Figaro» ont décidé de poursuivre leur collaboration avec ce trublion du PAF.

Le président du FC Montpellier, Louis Nicollin, après une défaite à Bordeaux

Président du FC Montpellier, Louis Nicollin est connu dans le milieu comme étant une personne «volcanique», célèbre pour ses écarts de langage. Après un match perdu par son équipe à Bordeaux, le président s’en est pris au capitaine des Girondins en direct sur Canal+. Il l’a traité de «petite tarlouze».

Les propos de Diego Maradona après la qualification de l'Argentine pour le Mondial 2010

Ancien footballeur de génie, Diego Maradona se la joue parfois diva. Fin 2009, alors qu’il était entraîneur de l’Argentine, il a été suspendu de toute activité pendant deux mois par la FIFA. La raison? Juste après la qualification pour le Mondial 2010, il a déclaré devant un parterre de journalistes: «A ceux qui n’ont pas cru en nous, qu’ils me la sucent (sic) et continuent à me sucer!»

Philippe Candeloro à propos d'une patineuse chinoise lors des JO de Turin en 2006

Reconverti en consultant TV pour le patinage, l’ancien champion Philippe Candeloro tient parfois des propos «glissants», sans qu’il semble vraiment s’en rendre compte. Un exemple: lors des JO de Turin en 2006, après la prestation de la future championne olympique chinoise, il a déclaré en direct: «Je pense qu’elle aura mérité un bon bol de riz ce soir.»

Deux commentateurs de Sky Sports tiennent des propos sexistes à l'encontre d'une juge de touche

Le foot, un milieu de machos? Certainement! Pour preuve, les déclarations d’un ancien joueur d’Aston Villa dans les années 1970-1980, Andy Gray (à gauche), devenu présentateur sur Sky Sports. En pleine retransmission de Wolverhampton-
Liverpool en janvier dernier, il s’est lâché sur l’arbitre assistante, lorsqu’elle a sifflé un hors-jeu. Selon Gray, elle ne devait «certainement pas comprendre la règle du hors-jeu». Depuis, la chaîne l’a licencié. D’autant plus que l’arbitre assistante avait raison, selon le ralenti.

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