environnement

01 décembre 2011 13:21; Act: 01.12.2011 13:21 Print

Les oiseaux migrateurs sous haute tension

Les lignes électriques qui envahissent le ciel menacent la vie de ces espèces.

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Les hirondelles se regroupent fin août, puis partent en direction du sud. Elles parcourent souvent des milliers de kilomètres. (Photo: dr)

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Dans leurs voyages au long cours, flamants, cigognes, pélicans, rapaces et autres oiseaux migrateurs peinent bien souvent à passer entre les mailles du filet que tissent les 70 millions de kilomètres de lignes électriques déployées à travers le monde.

Dans la seule région Afrique-Eurasie, des dizaines de millions d'oiseaux meurent chaque année dans une collision avec ces câbles et des centaines de milliers d'autres périssent électrocutés, selon une étude publiée par la Convention sur les espèces migratrices (CMS), en marge de sa conférence internationale la semaine dernière à Bergen (Norvège).

L’électrocution, cause importante de mortalité chez les oiseaux

Aux côtés de la chasse, «collisions et électrocutions sont parmi les causes d'origine humaine les plus importantes pour la mortalité des oiseaux», explique à l'AFP l'ornithologue néerlandais Hein Prinsen, le rapporteur de l'étude. Pour ces oiseaux déjà victimes de la destruction de leur habitat par l'homme, ainsi que du réchauffement climatique, ces accidents font planer une menace de déclin, voire d'extinction. Du moins à l'échelle locale.

Chaque mort est un coup dur pour les plus grosses espèces au rythme de reproduction généralement lent. Chez les grues et les cigognes, la disparition d'un adulte entraîne souvent la mort des oisillons qui ont besoin de leurs deux parents. «A l'heure actuelle, l'Europe de l'Est est un gros point noir, notamment pour l'outarde barbue et les oiseaux de proie, souligne John O'Sullivan, un ancien de la Royal Society for the Protection of Birds. Mais les pires problèmes pourraient bientôt se retrouver en Inde et en Afrique, où les réseaux électriques se développent à toute vitesse.»

«Le coût pour la société est incontestablement élevé, à cause des pannes électriques qui paralysent l'industrie, mais aussi à cause des accidents liés à l'obscurité engendrée par les blackouts, estime M. O'Sullivan. D'un point de vue financier, il est donc sensé d'essayer de résoudre ce problème», ajoute-t-il. Les accidents peuvent avoir des conséquences insoupçonnées. «Surtout dans les zones sèches, aux Etats-Unis et en Europe de l'Est, il arrive que l'oiseau brûle, qu'il tombe au sol en flammes et qu'il provoque ainsi un feu de forêt», explique M. Prinsen.

Mesures à prendre

Pour prévenir les accidents, les auteurs de l'étude ont recensé une série de mesures. La plus évidente est l'enfouissement des lignes électriques, une solution mise en place avec succès notamment aux Pays-Bas, en Grande-Bretagne et au Danemark, mais qui est aussi la plus coûteuse.

En ces temps de contraintes financières, d'autres solutions plus simples et qui ont aussi fait leurs preuves consistent à rendre les lignes électriques plus visibles grâce à des avertisseurs visuels, à les équiper de perchoirs ou encore à renforcer leur isolation. A titre d'exemple, l'étude montre que la modification en ce sens des 46'000 kilomètres de lignes du réseau électrique hongrois coûterait quelque 220 millions d'euros, soit 10 fois moins que la facture estimée pour leur enfouissement. Le prix à payer pour pouvoir continuer de regarder les oiseaux passer.

(mag/afp)