Déprime

14 mars 2011 17:55; Act: 15.03.2011 07:08 Print

Les pères aussi souffrent du baby blues

Le baby blues n'est pas réservé qu'aux mères. Les pères aussi peuvent en être victimes, même s'ils ne l'avouent pas aussi facilement.

storybild
Une faute?

Et selon une étude américaine, 40% de ces papas déprimés donneraient la fessée à leurs enfants en bas âge. L'étude, publiée sur le site en ligne du journal Pediatrics, précise qu'ils ne sont plus que 13% dans le groupe des pères non déprimés à donner la fessée à des enfants de un an.

La fessée pas recommandée

L'Académie américaine de pédiatrie et de nombreux spécialistes du développement de l'enfant sont contre la fessée, quel que soit l'âge des enfants. Des études ont déjà montré que les enfants l'ayant subie ont plus de risques d'être victimes de maltraitance et de devenir agressifs eux-mêmes. De plus, la fessée est particulièrement perturbante chez les enfants âgés d'un an seulement: ils peuvent être blessés et «ne comprennent pas le lien entre leur comportement et la punition», notent les auteurs de l'étude.

Cette dernière a analysé les statistiques obtenues auprès de 1746 pères dans le cadre d'une étude nationale représentative menée dans 16 grandes villes des Etats-Unis en 1999-2000. Selon son auteur principal, le Dr Neal Davis, la dépression des pères est fréquemment liée au chômage, devenu plus fréquent aujourd'hui qu'il y a dix ans. Certains avaient sans doute une histoire personnelle de dépression, mais dans d'autres cas il s'agissait d'une dépression réactionnelle à la naissance de leur enfant, similaire à celle vécue par les femmes, a ajouté le docteur Davis, de l'Université du Michigan.

Davantage de femmes concernées

La dépression du post partum est plus fréquente chez les femmes. Selon certaines estimations, jusqu'à 25% d'entre elles en seraient victimes. Des cas graves ont été liés à des suicides et à des infanticides, notamment plusieurs noyades très médiatisées.

On sait moins de choses sur la dépression des nouveaux pères, et l'étude avertit de la sous-évaluation du phénomène, a souligné le Dr Craig Garfield, professeur de pédiatrie associé, de l'Université du Nord-ouest.

Les pères s'occupant de plus en plus des bébés, les emmenant notamment chez le médecin, il est important que les pédiatres se soucient de la santé mentale des papas, a estimé le Dr Garfield. Près de 80% des pères, qu'ils soient déprimés ou non, ont vu le médecin de leur enfant récemment, selon l'étude.

Bébé responsable du dérèglement de sa vie

Chris Illuminati, 33 ans, écrivain du New Jersey, et père au foyer avec un petit garçon de un an, raconte avoir lu des brochures ramenées par sa femme sur la dépression post natale et s'être vu répondre secrètement «oui» aux questions sur les symptômes.

Il explique qu'il n'avait jamais été dépressif, mais a commencé à se sentir inhabituellement démoralisé quelques mois après la naissance de son fils, épuisé par le manque de sommeil, pris au piège et plein de ressentiment envers un bébé au sommeil irrégulier et responsable du dérèglement de sa vie.

S'il insiste sur le fait qu'il aime son enfant, et qu'il ne l'a jamais frappé, Chris Illuminati dit avoir ressenti la frustration qui a pu pousser d'autres à le faire. «Il y a eu des moments où j'ai eu envie de le faire, mais je m'en suis empêché», a-t-il confié.

Racontant qu'il cherchait à éviter son fils dès que sa femme rentrait à la maison, Illuminati a compris qu'il avait probablement besoin de se faire aider. «Je ne savais pas à qui parler...», constate-t-il. En parler sur son blog a été un soutien, et il va mieux maintenant que son fils a grandi.

Mais pour lui, «cela devrait être étudié». «Le plus dur, ça sera de réussir à ce que les hommes en parlent... voire même arrivent à le reconnaître», conclut-il.

(ap)