Historique

08 février 2011 07:00; Act: 07.02.2011 18:10 Print

Les rebelles d’autrefois se sont intégrés

par Sandra Imsand - A l’occasion du 20e anniversaire du Champs Open à Leysin (du 8 au 13 février), retour sur l’évolution du snowboard freestyle.

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Terje Haakonsen est une référence dans le milieu du snowboard. Ici à Leysin en 1992. (Photo: Champs Open)

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Il n’est pas si loin, le temps où les snowboarders, avec leur réputation de têtes brûlées, n’étaient pas les bienvenus sur les pistes. En 1985, seules 39 stations américaines (sur 600) étaient ouvertes aux adeptes de la planche. Depuis, le snowboard a acquis ses lettres de noblesse. En 1992, la 1re édition du Champs Open (plus ancienne compétition de snowboard freestyle en Europe) avait séduit un public nombreux. En 1998, ce sport a même été admis dans le cercle fermé des disciplines olympiques.

La pratique a également évolué. «Avant, les riders passaient beaucoup de temps sur la neige et un peu à s’entraîner, analyse Gian Simmen, champion olympique à Nagano. Aujourd’hui, les meilleurs snowboarders sont pros. Ils bénéficient d’un entraînement poussé toute l’année.» Les figures aussi deviennent de plus en plus techniques. Le Norvégien Torstein Horgmo a ainsi réussi le Triple Cork (triple salto arrière) lors des X-Games à Aspen (Etats-Unis) le 28 janvier. Une première.

La multiplication des événements a banalisé le snowboard freestyle, au point que les anciens rebelles des pistes sont devenus des athlètes à part entière. Mais ce sport fait face à un défi de taille: la chute des ventes des planches au profit des skis. Après avoir été sport de niche, puis sport de masse, le snowboard doit se trouver un nouveau rôle.

La course aux sensations fortes

Selon Gian Simmen, premier champion olympique de half-pipe aux JO de Nagano (1998), les figures ont évolué sans cesse. «Il y a 15 ans, un 540° (un tour et demi, ndlr.), c’était le must dans le snowboard. Il y a 6 ans, un 1080° (trois tours, ndlr.) vous assurait la victoire, puis il a fallu en faire deux dans le même passage pour espérer monter sur le podium.» En 2009, la difficulté est encore montée d’un cran avec l’arrivée du Double Cork (double salto arrière). «Les athlètes ont bien compris qu’il fallait maîtriser cette figure pour viser l’or aux JO de Vancouver», explique le Grison. Et cela n’a pas manqué: l’Américain Shaun White, médaillé d’or au Canada, a été le seul à réussir cette figure

Tenues extra-larges ou slim

«Avant, les athlètes mettaient des pantalons trop grands pour avoir plus de liberté de mouvement. Aujourd’hui, c’est surtout une question de style», explique David Pitschi, chef du marketing hiver chez Billabong. Dans le snowboard plus qu’ailleurs, le rider peut exprimer sa personnalité dans sa tenue. «Celui qui adore le hip-hop mettra des tenues larges, tandis que le fan de rock optera pour des tenues plus slim.» Et l’aérodynamisme, dans tout cela? «Les coupes sont telles que cela n’a aucune incidence», explique le Nyonnais.

Le «fait main» en voie de disparition

Doug Atkinson se souvient de la première fois qu’il a construit un half-pipe. «C’était en 1989. Chaque concurrent devait donner un coup de main.» L’Australien, qui s’occupe du tracé du Champs Open à Leysin depuis 1997, a suivi de près l’évolution de la technologie. «Avant, tout était fait à la main, à la pelle ou à la tronçonneuse. En 1994, les compétitions professionnelles exigeaient des parois de 3,5 m pour un half-pipe; depuis 2010, elles doivent mesurer 6,5 m. C’est pourquoi la station de Leysin a investi dans une machine dernier cri (en bas).»


Teaser du Champs Open 2011:

Le Triple Cork de Torstein Horgmo aux X-Games d'Aspen (USA) en janvier dernier:

Le run victorieux de Shaun White aux JO de Vancouver 2010: