Technologie

17 juillet 2014 09:43; Act: 17.07.2014 16:17 Print

Les voitures intelligentes prennent le volant

Les constructeurs promettent pour 2030 la mise sur le marché de véhicules pouvant rouler sans chauffeur à bord. L'évolution technologique pose des problèmes sécuritaires et légaux.

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Pourquoi perdre son temps à garer sa voiture? Au dernier salon CES à Las Vegas, Valeo a présenté un système de parcage automatique effectué avec un smartphone. (Photo: AFP/Robyn Beck)

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Pourquoi perdre son temps à chercher une place où se garer, quand votre voiture peut le faire pour vous? Cette idée, encore inimaginable il y a quelques années, est en train de prendre corps et préfigure des véhicules entièrement autonomes. Sans personne à bord, le véhicule avance au pas dans le parking, laisse passer un piéton puis se gare en marche arrière sans accroc. Cette technologie, proposée par le constructeur suédois Volvo ou l'équipementier français Valeo, n'en est qu'au stade du prototype mais pourrait être proposée en série d'ici à 2020.

Certaines voitures sont déjà capables de prendre le volant dans des circonstances précises: freiner en urgence en cas de risque d'accident si l'automobiliste ne réagit pas, passer en pilotage automatique dans les bouchons ou rester sur sa voie grâce à un système qui prévient le franchissement involontaire de la ligne blanche. Les progrès technologiques dans les radars et les caméras de détection permettent au véhicule de «voir» ce qui se passe autour de lui. Des logiciels embarqués l'aident à analyser son environnement et à agir en conséquence.



Pour exemple, voici un test réalisé par Hyundai (source YouTube):


Autonomie totale promise pour 2030

Du coup, les constructeurs promettent de commercialiser des modèles capables de conduire par eux-mêmes dès 2020, et sans personne à bord à partir de 2030. L'objectif? «Réduire la mortalité et le nombre de blessés sur la route, alors que 90% des accidents sont dus à des erreurs humaines», explique Franck Cazenave, directeur marketing et innovation chez Bosch. Mais il y a d'autres avantages: en communiquant entre elles, voire avec l'infrastructure routière, ces voitures fluidifieront le trafic et réduiront ainsi la consommation de carburant. Après 2030, «on peut imaginer des flottes de véhicules disponibles 24 heures sur 24, qui viennent vous chercher où vous voulez, d'une fluidité et d'une efficacité redoutables», spécule Sébastien Amichi, associé du cabinet spécialisé Roland Berger.

Deux problèmes: la sécurité et le cadre légal

Mais des obstacles existent. «Ce qui pèche encore aujourd'hui, c'est la qualité des capteurs et l'intelligence artificielle», confesse-t-on chez Ford. Si tout le monde imagine dès la prochaine décennie des voitures autonomes dans des parkings fermés ou sur des autoroutes, la prudence est de mise concernant la circulation en ville, au milieu de la circulation, avec des piétons, des cyclistes. Car se pose aussi la question de la responsabilité en cas d'accident. Avant d'aborder ce point épineux, il faudra que les Etats s'entendent pour modifier la législation en vigueur, qui prévoit que «tout conducteur doit constamment avoir le contrôle de son véhicule». Quant à la réaction des automobilistes, elle est difficile à prévoir. Certains apprécieront de laisser la main à leur voiture, d'autres craindront de confier leur vie à une intelligence artificielle ou de perdre le plaisir de la conduite.

(afp)