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01. April 2019 00:00; Akt: 05.04.2019 14:28 Print

Malade au travail, en bonne santé chez soi

Venir travailler alors qu’on est malade ou être en bonne santé chez soi: les spécialistes appellent cela présentéisme et absentéisme. Marcel Burkhardt, Key Account Manager de Promotion Santé Suisse, répond aux principales questions sur le sujet.

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(Bild: iStock)

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M. Burkhardt, pourquoi de nombreux employés viennent travailler alors qu’ils sont malades?

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Avez-vous déjà manqué le travail?

Les raisons sont diverses et peuvent également différer suivant la culture de l’entreprise. Fondamentalement, des structures inadaptées peuvent encourager les comportements défavorables à la santé, par exemple, lorsque l’on a le sentiment de ne pas devoir manquer au travail, sans quoi les collègues devraient compenser cette absence. Ou alors parce que l’on ne veut pas s’organiser pour obtenir un certificat médical pour une seule journée, d’autant qu’il faudra payer ce certificat de sa poche.

Comment peut-on faire disparaître le présentéisme, ou du moins le réduire au maximum?

Dans une culture d’entreprise valorisante, qui accorde son attention à chacun, un nombre sensiblement inférieur de collaborateurs se présentent malades au travail généralement. En prenant en compte leurs collaborateurs, ces entreprises ont souvent développé des mesures de gestion de la santé en entreprise (GSE) qui correspondent aux besoins des employés. Outre les structures de travail, les comportements peuvent également, à eux seuls, avoir une grande influence. Quand des membres de la direction viennent travailler alors qu’ils sont malades, cela pousse les employés à en faire de même.

Sous-estime-t-on le problème du présentéisme?

Le Job Stress Index 2018 montre que le présentéisme engendre des pertes de productivité près de quatre fois supérieures à celles de l’absentéisme. Le présentéisme est plus difficile à appréhender que l’absentéisme, ce qui explique peut-être pourquoi le problème est rarement pris en charge de manière active. A cela, il faut ajouter que les questions de santé mentale restent encore taboues dans de nombreuses entreprises. Il reste beaucoup à faire pour faire évoluer cet aspect.

Quels effets le présentéisme a-t-il sur les collaborateurs et sur l’entreprise?

Pour l’employeur, cela signifie une baisse de la productivité, et pour les collaborateurs, le stress de ne pas être vraiment à son affaire.

Et l’absentéisme?

L’absentéisme est plus simple à appréhender. Souvent, les entreprises ont mis en place des processus à cet effet, que ce soit des entretiens de retour ou un Case Management en cas d’absences prolongées. Face à l’absentéisme, la démarche est établie et souvent bien ancrée dans l’entreprise.

Existe-t-il un lien entre absentéisme et présentéisme?

Le présentéisme réduit la qualité du travail et les performances fournies par le personnel, ce qui mène à des situations de stress. Or, des situations de stress persistantes peuvent entraîner des absences de longue durée liées à la santé mentale (burnout etc.). Les maladies mentales sont complexes et leur progression peut traîner en longueur. En cas de fracture de la jambe, par exemple, les choses sont plus claires: j’ai un accident, je suis absent et je reviens après une période déterminée.

Existe-t-il des stratégies efficaces du point de vue de l’employeur pour lutter contre ce phénomène?

Nous recommandons de mettre en place une GSE systématique ainsi que des structures réduisant au mieux le présentéisme ou l’absentéisme. On peut notamment évoquer à ce sujet la désignation d’une personne de contact pour les collaborateurs ou la formation des cadres aux questions de santé. Il est également important de promouvoir une culture du dialogue dans l’entreprise, de recenser contraintes et ressources à l’aide de sondage auprès du personnel par exemple, et de développer des mesures de concert avec le personnel, afin qu’il puisse contribuer à l’organisation de leur lieu de travail.

Que conseillez-vous aux employés?

Ils doivent faire attention à leurs collègues ainsi qu’à eux-mêmes et rester chez eux en cas de maladie, afin de ne pas allonger le processus de guérison mais aussi de ne pas contaminer les autres. En plus, le travail risque d’être mal fait, ce qui retombe sur les collègues.