Sion

21 mai 2014 17:02; Act: 22.05.2014 09:46 Print

On a testé le simulateur de chute libre valaisan

par Jason Huther - Vendredi 30 mai s’ouvrira dans le chef-lieu valaisan, Real Fly, le premier simulateur de chute libre indoor en Suisse romande. «20 minutes» l’a testé en primeur.

Dans le tunnel, la vitesse du vent atteint 180 km/h. Ainsi, elle permet de lever quelqu'un qui fait 1m 80 pour 80 kilos. Les pros, eux, évoluent avec des pointes de 200km/h.
Une faute?

Il faut s'équiper avant de jouer à l’oiseau dans une gigantesque soufflerie. Cette nouveauté installée à Sion est composée d’un tube vitré d’un diamètre de 4,35 mètres pour 660 m3. Les novices de la voltige qui s’élancent dans le premier simulateur en intérieur de saut en chute libre de Suisse romande sont revêtus d’une combinaison qui évoque celle des pilotes de formule 1. Munie de poignées, elle permet aux accompagnants de guider le débutant et le protège du vent. Après l’avoir enfilée, passage obligatoire en salle de briefing pour suivre une petite formation.

Dans le ventilateur, impossible de communiquer oralement, en raison des boules Quies qui préservent les oreilles du bruit assourdissant de la machine. Seul un langage des signes simplifié permet l’interaction avec son instructeur. «Quand je tends l’index et le majeur et forme un V, cela signifie que vous devez tendre les jambes, explique Mathieu Janse, l’un des quatre instructeurs. Et quand je courbe le poignet, paume de la main en l’air, vous cambrez le bassin». Après un passage couché sur le ventre pour répéter la position qu’il faudra adopter en vol, il est temps d’y aller. Une question demeure: et pour ceux qui ont le vertige? «On ne ressent pas cette sensation, vous verrez», rassure le coach, sourire aux lèvres.

Une sensation proche du vol

Dans l’antichambre qui donne sur le simulateur, casque vissé sur la tête, combinaison serrée, on appréhende le moment de s’élancer. L’instructeur pointe le doigt, on se lève et on se place face à l’ouverture pratiquée dans le tube en verre. Les mains sur la poitrine, tête en l’air, on se laisse tomber en avant dans le vide. La sensation est étrange proche de celle ressentie en immersion, mais quand même pas tout à fait… Ici on monte, on descend, on change de position rapidement guidés par les mains du professionnel qui lui se tient debout. La pression de l’air se ressent sur tout le corps. Comme à ski, il faut éviter de se crisper et garder les muscles toniques. La deuxième chose à gérer est la respiration, au départ il est difficile de happer l’air qui file à plus de 180 km/h. Bien lever le visage permet d’y remédier. Ensuite on apprend à placer son corps pour gagner en stabilité, le coach indique quelques mouvements basiques. Déjà une minute s’est écoulée et on se pose dans l’antichambre.

Tour à tour les débutants s’avancent, l’occasion de voir à quoi cela ressemble vu du sol. Lors du second passage, il est prévu de grimper à environ 8 mètres, toujours dans les bras de l’instructeur. Au moment de monter, aucune sensation de vertige, seulement un chatouillis au niveau du ventre. C’est un sentiment de lâcher prise et de liberté. Après quelques montées et descentes, le coach enchaîne quelques figures simples avec son élève et, s’il se débrouille, l'abandonne quelques instants tout en gardant le contact.

Après ces deux sessions, l’initiation arrive à son terme, en guise d’adieu, les deux accompagnants s’élancent ensemble et effectuent une danse aérienne gracieuse, montant, descendant, tantôt la tête en bas, soudain en haut, ils se croisent sans jamais se toucher en enchaînant les figures les plus complexes. Au sortir du tube, aucune séquelle si ce n’est quelques courbatures, la bouche asséchée par l’air et la marque des lunettes protectrices autour des yeux.