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27 février 2019 18:37; Act: 27.02.2019 19:28 Print

Quand crocodiles et volatiles cohabitaient

Il y a environ 68 millions d'années, reptiles et oiseaux vivaient côte à côte sans que cela ne soit un danger pour ces derniers.

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Deux oeufs d'oiseaux fossilisés. (Photo: Twitter)

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Il était une fois des petits oiseaux et des gros crocodiles qui s'aimaient d'amour tendre: des oeufs fossiles découverts en Roumanie suggèrent que des oiseaux primitifs ne voyaient aucun danger à partager le même nid que des reptiles, selon un article paru dans la revue Nature.

En 2011, le paléontologue roumain Matyas Vremir découvrait au bord d'une rivière de Transylvanie, à Oarda de Jos (centre), des oeufs et des fragments de coquilles fossilisés datant d'il y a environ 68 millions d'années.

Une analyse menée par M. Vremir aux côtés d'une équipe internationale de chercheurs a permis d'établir que les oeufs appartenaient à deux espèces d'oiseaux, dont des énantiornithes - une sous-classe éteinte d'oiseaux préhistoriques qui vivaient au Crétacé - , ainsi qu'à deux espèces de reptiles: des ancêtres du crocodile (Krokolithus) et des geckos, petits lézards.

Plus que tolérés

«Il s'agit d'une accumulation unique de fossiles de vertébrés, preuve la plus ancienne d'animaux différents partageant le même site de nidification», indiquent les auteurs de cet article daté du 13 février.

La présence de coquilles d'oeufs de crocodile et de gecko «semble indiquer que ces animaux étaient non seulement tolérés, mais qu'ils n'étaient sans doute pas perçus comme un danger pour les oeufs et les oisillons des énantiornithes» (oiseaux préhistoriques, ndlr), soulignent-ils.

Selon M. Vremir, les chercheurs ont récupéré 13 oeufs entiers d'énantiornithes ainsi que des milliers de fragments de coquilles d'oeufs, y compris de crocodile, mais la roche pourrait en receler beaucoup plus.

«Les oeufs d'oiseau mesurent 4 cm sur 2,5 cm, tandis que ceux de crocodile devaient être un peu plus petits qu'une balle de ping pong», le reptile lui-même mesurant entre 1 et 2,5 m, a indiqué mercredi le paléontologue à l'AFP.

«Cette découverte ne porte pas sur un simple tas de pierres intéressantes mais représente toute une histoire qui est loin d'avoir révélé tous ses secrets,» estime M. Vremir.

(nxp/afp)