Canton de Fribourg

22 mai 2018 14:07; Act: 22.05.2018 23:25 Print

Qui veut compter les hérissons?

par Christine Talos - Devant la baisse du nombre de hérissons, le canton de Fribourg invite ses citoyens à compter l'animal dans le cadre d'une vaste enquête nationale.

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Les hérissons apprécient beaucoup les haies ou les lisières avec des herbes hautes où ils trouvent de la nourriture en abondance. Ils recherchent aussi des branchages pour se cacher. (Photo: Keystone)

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Ces dernières années, les indices d'un recul de la population de hérissons en Suisse se multiplient. Au point que le projet StadtWildTiere mené en ville de Zurich a révélé que leur aire de distribution avait diminué de 25% ces 25 dernières années, souligne le site nosvoisinssauvages.ch. Une observation qui concorde avec la tendance d'autres pays européens. La densification des constructions en réaction à un fort étalement urbain semble être néfaste à ce petit mammifère.

Du coup, une vaste enquête nationale baptisée «Hérisson y es-tu?» a démarré dans le cadre du nouvel Atlas des mammifères, avec des zones d'investigations réparties dans toute la Suisse, dont le canton de Fribourg. Et pour ce faire, l'antenne romande de ce projet mise sur la population, explique mardi La Liberté. Elle demande aux habitants intéressés du sud du canton surtout à prendre un peu de temps pour débusquer le piquant animal.

Canton de Vaud et Arc jurassien aussi

Mais d'autres sites sont à la recherche d'enquêteurs. Sur le site, on découvre ainsi une carte avec des lieux indiqués où des volontaires sont souhaités. Ainsi de nombreux bénévoles sont recherchés dans le nord vaudois, dans la région de Moudon ainsi que dans le Pays-d'Enhaut. L'arc jurassien neuchâtelois est également preneur de toute aide.

Aucun prérequis n'est nécessaire, précise un spécialiste dans le quotidien fribourgeois. Le projet recherche des bénévoles qui sont prêts à poser 10 tunnels à traces dans une zone de 1 km2 et à les contrôler quotidiennement durant une semaine, entre début mai et fin août. Ce qui représente une charge de travail de 1,5 à 2 heures par jour durant 6 jours. Si un hérisson passe dans un tunnel, il laissera en outre ses empreintes sur des feuilles de papier grâce aux bandes d'encre au milieu du tunnel. Feuilles que les enquêteurs devront aussi relever.

Un petit appât

Pour s'assurer que les hérissons du coin empruntent le tunnel, le dispositif prévoit un petit appât constitué de nourriture sèche à base d'insectes, de vers de farine et de fruits, explique le journal.

La présence ou l'absence de relevés par tunnel donnera ainsi une indication sur la densité de la population. «Grâce à la taille des empreintes, nous pouvons aussi identifier la présence éventuelle de jeunes individus», explique le spécialiste dans La Liberté. Le travail est donc conséquent. Il faut dire que le hérisson est un indicateur de la biodiversité en Suisse.

(nxp)