MODE

07 décembre 2011 16:19; Act: 08.12.2011 07:58 Print

Un défilé Chanel entre Paris et Bombay

Avant les Fêtes, la maison de haute couture a pris l'habitude de présenter une collection mettant en valeur le savoir-faire de ses brodeurs et autres paruriers.

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Mardi soir a eu lieu le fashion show Paris-Bombay au Grand Palais, à Paris. Après avoir fantasmé sur Moscou, Shangaï et Byzance, Karl Lagerfeld a confirmé sa fascination pour l'Orient en faisant escale en Inde.

Pour l'occasion, la Galerie Courbe du Grand Palais a été transformée en un luxueux palais de maharadjah. Le buffet était recouvert de plateaux en argent, de chandeliers, de guirlandes, de jasmin et de mille friandises. Des bonbonnières en cristal débordaient de fruits. Sur la table, circulait un train électrique argenté, transportant dans ses wagons des carafes à whisky et diffusant un sillage d'encens.

Atmosphère romanesque

Sirotant un thé aux épices, un lassi à la mangue ou du champagne, le public (moins de 200 personnes) a admiré les jupes drapées sur des jodhpurs et les redingotes brodées. Pour les couleurs, de l'or blanc ou grisé «anti bling-bling» et une déclinaison complète de gris délicats ou de roses, du plus pâle au plus soutenu. Les filles aux chignons lâches portaient de nombreux bijoux sur le front, habillant le dos de la main ou partant d'une narine.

Voilà près de 10 ans que Chanel organise son défilé «Métiers d'Art» hors du calendrier mode. L'événement rend hommage au savoir-faire des artisans de l'ombre rachetés par la maison, tels que Lesage pour les broderies, Desrues pour l'orfèvrerie, Massaro pour les chaussures ou Lemarié pour les plumes. La soirée était justement une occasion de célébrer François Lesage, décédé il y a quelques jours. La maison de ce maître brodeur pour la haute couture avait été rachetée en 2002 par Chanel.

Avec ses pièces «très élaborées, beaucoup plus chères que le prêt-à-porter normal», selon M. Lagerfeld, la collection évoque un «fantasme» de l'Inde imaginé depuis Paris.

«Il n'est pas question de se laisser aller à la morosité générale»

Le couturier Karl Lagerfeld a défendu le luxe en temps de crise, s'agaçant notamment de l'influence des agences de notation. «Il n'est pas question de se laisser aller à la morosité générale», s'est-il exclamé en coulisses du défilé, arguant du rôle positif de la mode dans la balance commerciale de la France et défendant l'industrie du luxe «qui donne beaucoup de travail à beaucoup de monde».

Évoquant les agences de notation, alors que «Standard and Poor's» envisage d'abaisser la note de six pays de la zone euro, dont la France, il s'est emporté: «Mais qui sont ces gens? Qui les a mis dans cette position pour distribuer des A? On ne les connaît même pas!». Pour le couturier, «il y a eu davantage de panique en 2008 qu'aujourd'hui» et les périodes de crise économique n'ont rien d'antinomique avec la création.

Toutes les tenues, plus sublimes les unes que les autres, lors du final du défilé Paris-Bombay.

(afp)