E-commerce

29 mars 2011 11:28; Act: 29.03.2011 11:57 Print

Une nouvelle loi qui fait peur

Le Parlement européen a voté voici quelques jours des mesures qui pourraient signifier la perte de nombreux magasins de vente en ligne.

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Une mesure qui va dans le sens des consommateurs? Pas sûr... (Photo: dr)

Une faute?

Si le texte venait à être adopté d’ici deux mois, les internautes auraient 14 jours pour se rétracter après un achat en ligne (au lieu de 7 actuellement). Ils disposeraient également de 14 jours pour renvoyer leur commande, si celle-ci ne leur conviendrait pas. De plus, si la valeur de la commande dépasse les 40 euros, le vendeur en ligne se verrait obligé à rembourser le montant du produit ainsi que des frais de port, mais aussi, grande nouveauté, les frais de retour. Et c'est cette nouvelle directive qui fait grincer des dents les marchands sur internet.

La Fédération du E-commerce et de la Vente à Distance (Fevad), cité par le site FashionMag, redoute que cette mesure modifie le comportement des e-acheteurs. Ces derniers pourront commander en masse et renvoyer l'entier de leur commande sans frais. Ces derniers étant entièrement pris en charge par le site.

Un taux de retour colossal en Allemagne

Selon Xavier Court, co-fondateur de Vente-Privée.com et vice-Président de la Fevad, la limite des 40 euros va provoquer «des taux de retour colossaux». «Cela va avoir un impact sur le prix. Et ça, pour le coup, cela ne va pas dans le sens du client», explique-t-il.

Un exemple concret: l'Allemagne. Depuis 2002, les vendeurs en ligne de ce pays doivent rembourser les frais de retour engendrés par les commandes de leurs clients. Catherine Barba, spécialiste du e-commerce estime dans son livre «Vive l’achat compulsif, c’est la tournée du marchand!» que l'Allemagne à un taux de retour 2 à 3 fois supérieur aux autres pays de l'Union européenne. Chez Vente-Privée, le taux de retour en Allemagne serait même carrément 6 à 7 fois supérieur que pour le site homologue en France.

La mort du e-commerce?

Autre mesure proposée par le Parlement européen: les sites internet seront obligés de livrer leur marchandise dans les 27 pays de l'Union européenne. La Fevad relève que cette mesure obligera les sites à prévoir dès leur lancement un système de paiement en 7 monnaies différentes, un système de traduction en 25 langues et des contrats de livraison dans 27 pays.

Cette directive, si elle venait à être ratifiée par le Conseil de l’Union et la Commission européenne, signifierait la disparition de nombreux sites de vente en ligne.

Affaire à suivre, donc...

(sim)