Consommation

03 février 2011 10:36; Act: 03.02.2011 11:42 Print

Vins français à l'assaut de la génération coca

Pour séduire la jeune génération peu initiée aux subtilités du vin, des vignerons français surfent sur la tendance des variations légères en alcool, surtout des rosés pétillants.

Une faute?

Loin des grands crus millésimés, ces vins «de copains», sucrés et aux arômes marqués de fruits rouges, sont une «porte d'entrée» dans l'univers vinicole méconnu de «la génération coca, pas éduquée dans le vin», des 20-40 ans, se réjouissent des vignerons au 25e Salon des vins de Loire à Angers (ouest de la France).

Ils proposent «une alternative heureuse au mélange coca-tequila» à des jeunes qui auront peut-être envie, ensuite, d'autres découvertes gustatives, espère un viticulteur en Touraine (vins des bords de la Loire).

Selon la méthode «ancestrale»

Il a vendu en 2010, notamment à des bars à vins dans les pays anglo-saxons et au Japon, quelque 18000 cols de son «Pet'Nat», un vin au goût de fraise à 8,5°, élaboré depuis trois ans avec un cépage de Gamay et vendu sous l'appellation «vin mousseux de qualité de type aromatique».

Ces vins légers, également produits dans d'autres vignobles que celui de la Loire, sont conçus selon la méthode dite «ancestrale», c'est-à-dire «l'arrêt du cours de la fermentation» avant que le vin ne devienne trop fort en alcool, explique le viticulteur en Touraine.

Un créneau pour faire apprécier le vin aux jeunes

«Ca ne saoule pas, c'est bon, il y a un créneau pour que les jeunes qui n'aiment pas le vin puissent l'apprécier», estime un commercial de Poitiers (centre-ouest) travaillant pour des cavistes, après avoir goûté l'un de ces vins.

«Ca fait très diabolo», reconnaît une sommelière chez un chef étoilé de Vendée, jugeant néanmoins, au sortir d'une dégustation de «Turbullent», la bulle «élégante» et le vin «sucré mais pas lourd, super pour un dessert à base de fruits rouges ou en apéritif».

Faire face à la «peur du gendarme»

Au-delà d'une nouvelle clientèle «jeune» recherchée par certains producteurs dans un contexte de baisse de la consommation de vin en France, ces pétillants légers répondent aussi à la «peur du gendarme» des automobilistes.

«Les gens qui doivent prendre la route après un apéro ou une réception, un mariage, sont intéressés», assure un producteur bio de muscadet en Loire-Atlantique. Et même certains puristes sont séduits, aux dires des vignerons.

«Les soi-disant grands connaisseurs, qui au départ n'en veulent pas car ils considèrent ces vins comme trop ludiques, une fois qu'ils ont goûté, ils reprennent un verre», assure un autre vigneron bio, près de Saumur, qui a vendu en 2010 quelque 11000 bouteilles de son «Tête à claque» à 9,5%. La moitié est partie à l'export, au Japon et aux Etats-Unis, assure le producteur de Loire-Atlantique.

(afp)