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02 juillet 2018 07:43; Act: 02.07.2018 10:11 Print

Ce bon Stanislav avait un plan bien précis

par Nicolas Jacquier, Moscou - Pour battre l'Espagne, Stanislav Cherchesov, le sélectionneur russe, a élaboré une tactique bien définie. Encore fallait-il la faire accepter.

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Stanislav Cherchesov a su trouver les bons mots pour convaincre ses joueurs (ici Artem Dzyuba) de ses choix. (Photo: Keystone)

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Au fond de lui-même, Stanislav Cherchesov doit peut-être se dire qu'il est finalement assez simple de se retrouver quart de finaliste d'une Coupe du monde que l'on organise: il suffit de rater tous ses matches de préparation (la Russie n'en a remporté aucun), de s'appuyer contre la Roja sur la tactique de l'attente (une autre aurait été suicidaire), d'adresser un seul tir cadré en 120 minutes avant, le moment venu, de pouvoir compter sur un gardien qui fait le job.

Igor Akinfeïev ayant fait le sien en détournant deux essais espagnols dans l'épreuve des tirs au but, le voici propulsé au rang de héros national. «Les tirs au but, c'est ce que l'on attendait, allait avouer plus tard le gardien du CSKA Moscou. Pas seulement nos fans mais les supporters du monde entier ont ainsi pu comprendre que les Russes savent comment jouer au football.» On est déjà moins sûr de ça, tant l'on doute que la démonstration dont se prévaut le capitaine de la Sbornaya ait véritablement séduit son monde passé le cercle des fans russes.

Le coup de fil de Poutine

Au demeurant, qu'importe, puisque le résultat a valu au sélectionneur un appel de Vladimir Poutine qui, dès la fin du match, n'a pas manqué de le féliciter. «Immédiatement après le match, a expliqué un porte-parole du Kremlin, M. Poutine a appelé M. Cherchesov. Il a félicité toute l'équipe pour sa victoire impressionnante ainsi que l'entraîneur pour le fait que la stratégie qu'il avait choisie avait donné ce résultat.»

Ce fut effectivement une tactique payante, à défaut d'être spectaculaire. Et c'est celle que Cherchesov a inculquée à ses joueurs, quitte à la leur répéter plusieurs fois, est-il venu ensuite expliquer en conférence de presse. «Il fallait avoir un plan de jeu, et simplement s'y tenir. Quand on a une idée, cela ne suffit pas. Il faut que les joueurs soient convaincus que c'est la bonne. J'ai donc insisté auprès de chacun d'eux de manière à faire en sorte que cela soit la meilleure à leurs yeux.» On prêtera au sélectionneur russe un certain sens de la persuasion.

Moralité, la Russie, qui rencontrera la Croatie en quart de finale samedi à Sotchi, n'est plus qu'à trois victoires du titre suprême. Une place de finaliste qui ne concerne plus que six équipes dans cette partie du tableau final: Russie, Croatie, Suède, Suisse, Colombie et Angleterre. L'une de ces nations sera en finale le 15 juillet. Et obtiendra peut-être tellement plus.

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(nxp)

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