Mondial 2018

08 juillet 2018 11:03; Act: 09.07.2018 07:25 Print

Cimetière des éléphants et «Big Four» européen

par Robin Carrel, Moscou - La Coupe du monde 2018 fera la part belle aux Européens, mais pas aux habitués des grands honneurs. Tentative d'explication en quelques chiffres.

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Le Brésil et ses cinq titres ont pris la porte. (Photo: Keystone/Diego Azubel)

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L'Allemagne a été éliminée en perdant son dernier match de poules contre la Corée du Sud (0-2) à Kazan. L'Argentine a été sortie en s'inclinant (4-3) face à la France à Kazan. Vendredi soir, le Brésil a pris la porte en étant battu par la Belgique (2-1) à Kazan. En tout, ces équipes, qui compilent pas moins de onze titres mondiaux, ont toutes pris l'avion du retour depuis le même endroit: l'Aéroport international de Kazan.

Plus généralement, ce sont les équipes multiplement titrées qui ont été à la peine sur ce Mondial. L'Italie n'a même pas fait le voyage et l'Uruguay est tombé en quart de finale. Restent en lice deux sélections qui ont déjà gagné la Coupe du monde à une reprise, la France chez elle en 1998 et l'Angleterre chez elle en 1966. Avec leurs deux adversaires des demi-finales, elles assureront un quatrième titre d'affilée à l'Europe, avec une quatrième formation différente!

3,4 milliards

Cette domination européenne depuis douze ans a une explication, selon Oscar Tabarez, le sélectionneur de l'Uruguay: «Les réalités d'un point de vie financier et d'un point de vue historique ne peuvent pas être occultées», a-t-il assuré en conférence de presse, juste après avoir été éliminé par les «Bleus». Car si la France ou l'Angleterre venaient à remporter ce Mondial, dans la foulée de l'Allemagne, de l'Espagne et de l'Italie, force est de constater qu'il s'agit du «Big Four» des championnats européens.

Cette réalité très pragmatique n'est pas près de changer, puisque 19 des 32 équipes d'ores et déjà qualifiées pour la prochaine Champions League sont issues des quatre Ligues d'élite de ces contrées. On peut dès lors parler de «cercle vertueux» pour ces compétitions, puisqu'elles sont ainsi assurées d'empocher une bonne partie du magot des droits de télévision (2,3 milliards d'euros en 2018, 3,4 en 2021) que se partagent les participants à la plus prestigieuse compétition de clubs de la planète football.

Quota moins augmenté

Sur la ligne de départ déjà, le Vieux Continent était en pole-position, avec quatorze équipes en phase de poules, soit 44% des participants. Dès les huitièmes de finale, la domination européenne a été encore plus patente, avec dix formations sur seize sélections encore qualifiées (62%). C'était «pire» en quarts, avec six des huit équipes encore en lice (75%). Ce sera donc un carton-plein dans le dernier carré. Dire que depuis 1982, l'Europe a offert 31 des 40 demi-finalistes de l'épreuve...

Cette hégémonie va peut-être prendre fin dans huit ans, avec l'augmentation des pays à 48, à l'occasion de la Coupe du monde américano-canado-mexicaine. Le quota européen augmentera seulement à 16 contrées le nombre de participants, alors que les autres continents en profiteront bien davantage. Ce qui ne risque pas de changer énormément, en revanche, c'est la proportion de «mondialistes» à évoluer près de chez nous en clubs (74% cette année).

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