Football - Coupe du monde

07 juillet 2018 14:33; Act: 07.07.2018 14:33 Print

L'éternelle et infortunée quête du maillot du Nigeria

par Robin Carrel, Moscou - Le paletot de l'équipe africaine a été une des stars de ce début de Coupe du monde. Le problème, c'est qu'il était vraiment trop populaire.

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Après, pour les fans, il faut une coupe moins près du corps, parce qu'on n'est pas tous Ahmed Musa. (Photo: Keystone/AP/Darko Vojinovic)

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Imaginez que vous êtes un peu fétichiste et que dès qu'un maillot de football est vraiment très bien, il vous le faut absolument. Alors pensez, dans la foulée, à l'angoisse quand le Nigeria a présenté son chandail pour l'édition 2018 de la Coupe du monde! Son équipementier qui a plutôt fait dans l'uni ces dernières années est totalement parti en vrille pour les «Super Eagles» et ça donnait envie. Des espèces de scapulaires ou chevrons verts clairs sur le torse, noirs sur les manches, un fond blanc... Juste magnifique!

Dès que la tunique a été officialisée, les réseaux sociaux se sont enflammés. Son fabricant a, comme souvent, très bien joué le coup et le buzz a été mondial. Trois millions de pré-commandes ont été faites quelques semaines avant le début du tournoi. Dès que la vente a débuté, il n'a fallu que 15 minutes pour écouler l'entier du restant du stock. A part un certain Julien Sprunger, on ne connaît personne à avoir mis le grappin dessus et l'attaquant de Fribourg ferait bien de ne pas le laisser traîner dans son sac de hockey la prochaine fois qu'il joue à la BCF Arena. Non, je dis ça comme ça, c'est juste un conseil...

«Pas grand monde n'attendait quelque chose de cette sélection sur cette Coupe du monde, a expliqué Pete Hoppins, le directeur du design de Nike, au site internet Racked.com. Mais nous, on a pensé qu'il se passait quelque chose avec cette jeune équipe. Ils ont de la confiance, ils allaient y aller à fond et on a été attirés par ça. On a pensé que ça nous permettrait de faire quelque chose de différent.» Le moins que l'on puisse dire, c'est que ça a eu son petit effet. La marque américaine a été quelque peu dépassée par ce succès, alors qu'elle planche sur les maillots des sélections deux ans avant chaque grand événement.

«Niet!»

Mais comme on a l'habitude d'être persévérant, pas mal de temps libre dernièrement et aussi du temps de cerveau disponible, on a tout de même tenté notre chance. En étant basé à Moscou, où il y avait deux Stades (Loujniki et Spartak) accueillant des rencontres de la Coupe du monde et donc des boutiques officielles, où quand on creuse bien on finit par dénicher des magasins de sport dans des arrières cours et où il y a une bonne dizaine de «Nike stores» entre le centre et la proche banlieue, on a essayé. Tout essayé? Aucune idée, mais on a donné le maximum et dû acheter de nouvelles chaussures vers la fin (d'une autre marque, c'est la petite vengeance gratuite) à cause de l'usure provoquée par des rallyes incessants entre les stations de métro.

Le Nike Store près de notre camp de base à Sokolniki? Un vieil outlet sans importance. Celui de l'énorme centre commercial de Kurskaya? Circulez, il n'y a rien à voir, à part de ternes équipements de la France, du Brésil, de l'Angleterre, j'en passe et des encore moins originaux. Dans le centre-ville, près de la Place Rouge? «Niet!». Dans le centre commercial ultra-chic de l'Ulitsa Kuznetskiy Most? On nous a fait de gros yeux ronds et préférés vendre à des Chinois des trucs vintages à 20'000 roubles. Un kilomètre plus à l'Est, à Arbatskaya? Non plus. Pareil sur l'ensemble de l'Oblast ou presque.

Il y a quelques jours, on avait pourtant bien cru toucher au but. Au cours d'une balade dans le Parc Gorky, on est tombé sur un endroit étonnant, où quatre hommes en affrontaient quatre autres sur un éphémère terrain grillagé de street-soccer. Passées les quelques minutes à les regarder s'ébattre sous le chaud soleil moscovite, on remarque, quelques mètres plus loin, un alignement de mannequins avec tous les maillots de la marque américaine. Davai!

Vous pensez bien qu'on y a couru. Et bien chou blanc... C'était juste une espèce d'atelier de confection publicitaire. On a alors demandé si on pouvait prendre celui exposé en vitrine, ne récoltant que les rires gênés de la jeune et très blonde réceptionniste de l'endroit. «Sold-out everywhere in the town», a difficilement articulé un de ses collègues. Et sur internet, me direz-vous? Pour l'instant, sur Ebay, ces maillots se négocient à plus de 12'000 roubles, soit un peu moins de 200 francs, et sont en provenance douteuse des USA ou de Chine. Cette somme, c'est exactement le revenu assuré par l'Etat russe à un retraité local...

Nouveau problème dans la foulée, Nike a fait aussi très fort pour le maillot de la Chine.


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