Mondial 2018

10 juillet 2018 13:10; Act: 10.07.2018 14:54 Print

La Coupe du monde des Chinois

par Robin Carrel, St-Pétersbourg - Belges et Français se font attendre à St-Pétersbourg. Pour l'instant, le Mondial des fans est largement remporté par... la Chine!

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Cela avait déjà été frappant à Nijni Novgorod, pour le quart de finale opposant les Bleus à l'Uruguay (2-0). La majorité des fans de la troupe de Didier Deschamps ne semblait pas venir de la banlieue parisienne, de la Baume-de-Transit, de Montpeyroux, ou de Bordeaux. Ils faisaient plutôt partie de l'immense contingent de supporters chinois, qui a décidé de soutenir une autre sélection, puisque les leurs, 76e du classement FIFA, n'étaient de toute façon pas du voyage.

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Les Français n'étaient que quelque deux mille à avoir fait le déplacement pour voir Varane marquer de la tête et Griezmann profiter d'une bourde de Muslera pour passer en demie. Mais ils étaient tout de même largement soutenus dans l'enceinte nijégorodienne. Car de nombreux fans de l'Empire du Milieu étaient là pour eux sans qu'on ne sache trop pourquoi. En tout, ils étaient officiellement plus de 40'000 à avoir acheté des tickets pour cette Coupe du monde, sans compter les voyagistes locaux et les «VIP». Ce chiffre a sans doute été largement sous-évalué.

Les médias chinois évoquaient quant à eux 60'000 billets détenus pour l'ensemble de la compétition par leurs compatriotes. Au final, les chiffres ont été tranchés par les organisateurs, qui ont affirmé que le nombre de «Fans-ID», précieux sésame permettant de rejoindre la Russie avec une procédure simplifiée de visa, dépassait encore ce nombre. Les Etats-Unis, d'où viennent les plus nombreux acheteurs de tickets selon la FIFA, n'avaient demandé quant à eux que 39'000 identifications personnelles...

Revenu moyen en hausse

Du coup, lundi soir, à Saint-Pétersbourg, il n'y avait guère trace de fans de la France ou de la Belgique sur les terrasses d'une des nombreuses cités dont le surnom est la «Venise du Nord». Même au «Manneken Pis», magnifique bar situé sur la non moins incroyable perspective Nevski, il fallait être sacrément attentif pour trouver du bleu-blanc-rouge ou du jaune-noir-rouge. «Ils arriveront demain, il paraît», nous a susurré Igor, serveur dans le très joli bar nommé «Beer Family», situé quelques mètres plus loin.


Reste que le marché chinois est une sorte de mine d'or pour la FIFA. En 2022, à l'occasion de la Coupe du monde au Qatar (avec 46 équipes?), les projections économiques affirment que 76% de la population urbaine en Chine fera partie de la classe moyenne, contre 4% au début de notre siècle. Le revenu moyen y atteindra alors celui de pays comme le Brésil ou l'Italie. De quoi remplir des stades que les Européens risquent de bouder.

Histoire du communisme

Avant le tournoi, Yekaterina Chelik, cheffe du plus important voyagiste moscovite, affirmait que «nos hôtes chinois essaient toujours d'acheter les meilleures places pour les matches décisifs». C'est exactement ce que l'on est en train de constater sur place. Depuis le début des matches à élimination directe, ce sont des hordes de fans venus de Shanghai, Pékin, Shenzen ou encore Dongguan qui déferlent sur la Russie, comme jamais l'Empire du Milieu n'avait osé le faire dans l'histoire.

Seul problème de cet engouement asiatique pour le Mondial russe: 3500 personnes ont été flouées par une agence de voyage russe, Anji MSK, qui a vendu des «packages»... sans avoir de billets de matches à disposition. Reste que la Chine est depuis bien longtemps et davantage que pour nous, Occidentaux, une mine d'or touristique pour Moscou et alentours. En 2018, ils n'étaient pas moins de 1,5 million de Chinois à visiter «Mère Russie». Remonter l'histoire du communisme est souvent une des raisons invoquées. Le football actuel ne lui ressemble pas vraiment, mais bon...

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