Football

06 juillet 2018 23:45; Act: 07.07.2018 07:43 Print

La presse salue l'«exploit» des Belges

Dans les médias belges comme brésiliens, la victoire des Diables rouges sur la Seleçao fait les gros titres.

Une faute?

Hurlements de joie, verres de bière levés, coups de klaxon: la Belgique a fêté vendredi la qualification des Diables rouges en demi-finales du Mondial-2018 en éliminant le Brésil (2-1), saluée comme «un exploit» par tous les médias du Royaume et le Premier ministre.

«Exploit magnifique! En route pour la 1/2 finale! @emmanuelmacron : En avant les Diables», a tweeté le Premier ministre Charles Michel dans la soirée, en s'adressant au président français Emmanuel Macron.

La Belgique a rejoint la France en demi-finale en battant le Brésil 2 buts à 1, un résultat que Charles Michel avait pronostiqué dans un précédent tweet.

A 21h53 heure de Bruxelles, le coup de sifflet final a fait exploser de joie les dizaines de personnes massées devant les écrans du «Petit Paris», un café du quartier européen de la capitale. Un bonheur couplé au soulagement, tant les Brésiliens ont joué avec les nerfs des supporters dans le dernier quart d'heure en réduisant l'écart.

Certains, comme le secrétaire d'Etat à l'Asile et à la Migration Théo Francken, issu du parti nationaliste flamand N-VA et familier des polémiques, ont eu l'ironie cruelle: il a tweeté un montage photo du Manneken Pis, statue emblématique de Bruxelles, en train d'uriner sur Neymar à terre et grimaçant de douleur (feinte ?).

La victoire permet aux Diables de se qualifier pour les demi-finales d'une Coupe du monde pour la première fois depuis 1986, où ils rencontreront leur voisin, la France, mardi à Saint-Pétersbourg.

«Battre les grandes équipes, on n'y croyait plus!», se réjouit Véronique Dewilde, le visage grimé de noir, jaune et rouge, aux couleurs de la Belgique. «Maintenant on va se heurter à la France, à nos chers voisins, on va voir», sourit cette artisane de 57 ans, fière d'avoir elle-même joué au football dans sa jeunesse.

- «Un match à ne jamais oublier» -

Sur les sites internet des grands médias belges, le mot «exploit» se déclinait partout après le match. «Un match à ne jamais oublier!» écrivait le journal flamand Het Nieuwsblad, alors que la presse du matin soulignait, unanime, que la Belgique avait «rendez-vous avec l'histoire» face au Brésil.

Lors du Mondial-2014 et de l'Euro-2016, alors qu'ils faisaient déjà figure d'outsiders, les Diables rouges n'avaient pas réussi à aller au-delà des quarts de finale, éliminés respectivement par l'Argentine et le pays de Galles. Cette dernière défaite (1-3), en juillet 2016, avait scellé le sort du sélectionneur Marc Wilmots, remplacé par l'Espagnol Roberto Martinez, désormais à la tête de la «génération dorée» belge.

Située à une belle 3e place au classement Fifa, cette équipe emmenée par les Vincent Kompany, Kevin De Bruyne, Eden Hazard, Romelu Lukaku ou Thibaut Courtois était d'autant plus attendue au Mondial russe.

«Aujourd'hui on a vraiment joué le football qu'on a promis depuis des années», faisait remarquer Joris, un supporter flamand de 30 ans, au milieu des effusions de joie du quartier européen. Selon lui, c'est la défense des Belges qui «a fait la différence» vendredi soir face à la Seleçao de Neymar.

«Ces garçons méritent d'être des héros en Belgique,», s'est réjoui Martinez après le match. «C'est spécial et nous ne pouvons pas laisser tomber les Belges»

«Neymar Ciao»

De l'autre côté de l'Atlantique, l'ensemble de la presse brésilienne en ligne regrettait le «blackout» de la première mi-temps. «Neymar Ciao», titrait le site du journal sportif Lance.

Le site de référence Globoesporte.com se contentait de titrer «Quel Diable», une expression qui signifie «quel dommage» en portugais, un clin d'oeil aux «Diables Rouges» belges qui ont martyrisé le Brésil et mis fin au rêve d'un sixième titre mondial en Russie.

«Le trio De Bruyne, Hazard et Lukaku a détruit la Seleçao en 45 minutes», soulignait ce site, rappelant que c'est la première fois sous les ordres du sélectionneur Tite que l'équipe prend plus d'un but lors d'une rencontre.

Commentateur du match pour TV Globo, l'ex-attaquant Ronaldo, grand artisan du cinquième et dernier titre du Brésil en 2002, a regretté que les protégés de Tite aient perdu leurs moyens après les deux buts belges. «Au moment où ont était menés 2-0, il aurait fallu continuer à jouer comme s'il ne s'était rien passé. Ils se sont désespérés. Ils se sont un peu améliorés après la pause, mais ça n'a pas suffi», a déploré «O Fenomeno».

«Blackout»

Pour le site du quotidien généraliste Folha de S. Paulo, le Brésil a été «bloqué» par les «Diables Rouges». «La défaite aurait pu être plus sévère et commençait à ressembler au 7-1, score de la défaite honteuse contre l'Allemagne en demi-finale du Mondial-2014», décrivait l'article de Folha. «Le trio Lukaku, Hazard et De Bruyne a fait ce qu'il a voulu de la défense brésilienne, qui n'avait pris qu'un seul but lors de ce Mondial», poursuivait le site du journal.

Autre quotidien généraliste de référence, Estado de S. Paulo a déploré sur son site le «Blackout» en première mi-temps.

Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes se sont amusés du fait que les drapeaux de la Belgique et de l'Allemagne aient les mêmes couleurs (noir, rouge et jaune). «L'ennemi n'était pas parti, il était déguisé», publiait par exemple @brenamagalhaess, avec des images des deux drapeaux (l'Allemagne avec les couleurs horizontales, la Belgique verticales).

Résultats et groupes

(nxp/afp)

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