Football - Coupe du monde

06 juillet 2018 21:02; Act: 06.07.2018 21:02 Print

Le nouveau gros coup de «Grizou»

par Robin Carrel, Nijni Novgorod - L'attaquant des «Bleus» a réalisé ce qu'on demande aux joueurs de classe: être décisif dans les grands rendez-vous. C'est fait, mais sans la manière.

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Contre l'Argentine, en 8e de finale, la France l'avait emporté 4-3 en marquant sur ses quatre tirs cadrés. Vendredi, face à l'Uruguay en quart de finale, les hommes de Didier Deschamps ont cadré à deux reprises et le ballon est à chaque fois allé mourir au fond des filets. Une réussite maximale pour les Français, qui ressemble terriblement à leur sélectionneur. Six buts consécutifs en six envois cadrés? Il faut remonter au Brésil de 1982 pour trouver trace d'un tel froid réalisme au Mondial.

Un homme a imagé à merveille la réussite des «Bleus» sur leurs rares tentatives de mettre en danger l'infortuné portier Fernando Muslera: Antoine Griezmann. L'attaquant de l'Atlético Madrid a joué au filou en première période et trouvé la tête de Varane sur le coup-franc du 0-1 de la 40e minute. Il a ensuite inscrit le 0-2 de la sécurité juste après l'heure de jeu, à la suite d'une bévue terrible du dernier rempart adverse.

L'arrivée de Diego Costa

Lors de l'Euro 2016, Griezmann était monté en puissance au fil du tournoi, mais sa sélection avait échoué en finale contre le Portugal (0-1 ap). Il suit presque le même chemin sur l'ensemble de la saison 2017-2018. En club, il a dû attendre l'arrivée de Diego Costa devant lui en janvier pour rayonner à nouveau, finissant en trombe l'exercice, avec notamment un doublé contre Marseille - une de ses nombreuses équipes «de coeur», en finale de l'Europa League (0-3).

Dans ce Mondial, le Mâconnais a d'abord eu le bon goût de marquer tous ses penalties, lors des tours précédents. Face aux Uruguayens qu'il apprécie tant (il n'a pas fêté son but «par respect pour eux»), le No 7 a d'abord un peu tout raté, avant de se montrer létal dans la zone de vérité. Il a perdu de nombreux ballons, certains d'ailleurs avec une certaine nonchalance, mais a compensé avec un engagement sans faille. «Grizou» a touché 81 fois le ballon, réussi 45 passes tout de même et, surtout, gratté cinq ballons dans des pieds adverses. Griezmann a donc terminé la rencontre avec un but et une passe décisive, tout en récoltant le prix de meilleur joueur de la rencontre.

«On est très heureux d'être en demi-finale. Sur le 1-0, Raphaël Varane va se placer, il me demande de faire une feinte et de mettre le ballon au point de penalty, j'essaie de la mettre là où il veut et lui coupe bien, a-t-il indiqué à sa sortie de la pelouse. Il reste encore un match avant une potentielle finale, il faut être concentrés. On va fêter ça ce soir, on est très heureux mais on ne va pas faire n'importe quoi. Il reste quatre jours.»

La différence au milieu

Si on ne devait se fier qu'à ce qu'on a vu depuis les travées du Stade de Nijni Novgorod, c'est pourtant Ngolo Kante qui aurait reçu notre suffrage. Une fois encore, le milieu de terrain de poche de Chelsea a été hallucinant dans la récupération (cinq interceptions). Le tout, sans jamais disputer un duel - de toute façon perdu d'avance avec son mètre 68... - de la tête. Plus sobre qu'à l'accoutumée, Paul Pogba a quant à lui gagné un total monstrueux de 14 duels. Face à un milieu uruguayen un peu vert au plus haut niveau, c'est sans doute ici que la France a bâti son succès.

Beau joueur, Oscar Tabarez, le sélectionneur uruguayen, a reconnu la supériorité de son adversaire de l'après-midi. Mais qu'a-t-il manqué aux siens pour faire trembler davantage un des cadors de la planète football? «Ce qui a manqué à toute équipe qui perd. L'adversaire nous a dominés et il faut le féliciter, a analysé le septuagénaire. Les vingt premières minutes étaient équilibrées. Ils ont pris l'avantage, ce sont des avantages qui pèsent beaucoup dans un quart. On a fait les efforts, il n'y a aucun doute là-dessus, mais la France a bien contrôlé le match, et quand on était menés 2-0, l'avantage était grand... On n'a pas trouvé les solutions.» Un Edinson Cavani a manqué et toute l'attaque uruguayenne s'est retrouvée dépeuplée.

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