Football - Coupe du monde

02 juillet 2018 23:03; Act: 03.07.2018 14:14 Print

Moscou n'a même pas trop la gueule de bois

par Robin Carrel, Moscou - Le «jour d'après» ressemblait presque à une journée comme une autre dans la capitale russe. L'occasion de se remémorer cette folle soirée. Jusqu'au prochain exploit?

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«Tout ce qui brille, qui jubile, ne m'inspire plus que l'ennui», disait en son temps le fabuleux dramaturge russe Alexandre Pouchkine. Et bien soyez-en sûrs, si celui qui est venu au monde à Moscou en 1799 était né deux siècles plus tard, il aurait pris son drapeau et serait descendu sur la Place Rouge comme tous ses compatriotes dimanche soir.

Prenez un sentiment patriotique jamais démenti, ajoutez-y une énorme surprise en 8e de finale d'une Coupe du monde que vous organisez face à un monstre du jeu de ballon, jetez-y également un soupçon de manque d'opportunité d'exprimer sa fierté à la face du monde et multipliez le tout par une consommation d'alcool stupéfiante. Vous obtiendrez le grand n'importe quoi que nous avons pu vivre dans la nuit de dimanche à lundi.

Grande idée

Quelques minutes après le succès de la Sbornaja contre les Espagnols, on s'est vite faufilé hors du Stade Loujniki, car on pensait bien que quelque chose d'encore plus spécial que ce match difficile à regarder mais fou dans son scénario et son dénouement allait se produire en ville. Direction la station de métro de Chistye Prudy, histoire d'aller se poster le long de la Myasnitskaya Ulitsa, rue commerçante aux terrasses accueillantes et qui emmène en direction de la Place Rouge. Avec le recul, c'était une grande idée.

En cinq heures passées dans le coin, durant lesquelles le flux de personnes et de véhicules n'a jamais diminué (comprenez que c'était complètement bouché), on a pu repérer des choses adorables, comme des enfants avec des drapeaux, qui vivaient pour la première fois de tels moments de liesse populaire. On a vu aussi des jeunes filles qui ne s'intéressent pas le moins du monde au football, mais qui avaient juste envie de participer. Il y avait aussi quelques touristes, qui remerciaient Hermès, le Dieu des voyageurs, de les avoir envoyés à cet endroit, à ce moment précis.

Mais il y a eu des choses absolument incroyables, dans le genre «il faut les voir pour les croire». Dans ce rayon, un paquet d'image absolument hallucinantes, comme par exemple des Lada tunées avec d'énormes barres de son, une Mercedes décapotable avec cinq personnes dedans dont deux debout sur la capote, des 4x4 pouvant contenir jusqu'à huit personnes dont trois dans le coffre, des sauts périlleux avec départ sur une voiture, des feux d'artifice tirés sur la terrasse d'à côté et finalement, plus tard, des gens qui tombent comme des mouches parce qu'ils ont eu beaucoup trop soif par rapport à leur capacité d’absorption.

Trois heures du matin

La fête a duré bien plus longtemps que «toute la nuit», pour la simple et vilaine raison que le jour se lève aux alentours de trois heures du matin, dans ce coin de pays. Cela n'a pas empêché Dmitry Peskov, le porte-parole de Vladimir Poutine, de garder une mesure typique de l'endroit au moment de comparer la fête monstrueuse qui a eu lieu à Moscou, ainsi que dans dans tout le pays: «De mon point de vue, ce qu'il s'est passé ressemblait énormément aux événements du 9 mai 1945.» Soit la fête qui a eu lieu pour la fin de la IIe Guerre mondiale gagnée face aux Allemands. Rien que ça!

Mais l'homme le plus fêté par les dizaines de milliers de personnes qui ont déferlé sur la Place Rouge depuis ses exploits répétés devant ses buts (9 arrêts contre l'Espagne) est Igor Akinfeev. Le dernier rempart de l'équipe de Russie a connu un premier tour difficile, n'était pas au mieux de sa forme ces dernières semaines, mais s'est démultiplié face à une «Roja» en panne d'idées. Comme souvent dans ces moments-là, les réseaux sociaux sont intarissables de montages et d'hommages. C'est bien de finir là-dessus, en attendant le quart de finale.





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