Football - Coupe du monde

03 juillet 2018 09:21; Act: 03.07.2018 09:27 Print

Pas la Suède la plus clinquante, mais...

par Robin Carrel, Moscou - Les Suédois ont de nombreuses sources d'inspiration avant le 8e de finale contre la Suisse. Une génération a particulièrement marqué les esprits.

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Martin Dahlin a participé à mon éveil footballistique. (Photo: epa/Jonas Ekstromer)

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Nous sommes en 1994, moment des premiers émois footballistiques des trentenaires actuels. Le football tentait alors de s'exporter aux Etats-Unis et rien que le fait d'envahir le pays de l'Oncle Sam fascinait presque autant que la fabuleuse génération de la Nati de l'époque, qui nous a permis de rêver après 28 ans de disette de grand tournoi. Puis, après l'élimination des Helvètes en 8es de finale, il a fallu se raccrocher à quelque chose d'autre. Ce quelque chose, ça a été l'incroyable Suède de Tomas Brolin et de Martin Dahlin.

Joueuse, spectaculaire et troisième au final, la «Tre Kronor» a surtout marqué une génération de fans de football grâce à son attaque de feu. Elle avait déjà conquis les Romands en ayant participé à éliminer la France lors des qualifications (et le but de Kostadinov que vous vous êtes tous repassés onze fois). Cette fois, elle allait séduire le monde aux Etats-Unis, avec notamment un quart de finale mythique et passé à la postérité contre la Roumanie (2-2, 5-4 tab) à la suite duquel on a tous eu envie de devenir gardien - plus particulièrement Thomas Ravelli – et d'inventer des combinaisons sur coup-franc.

Car mine de rien, les «Blågult» (jaunes et bleus) ont une toute autre histoire footballistique que l'équipe de Suisse. Ils ont joué douze phases finales de Coupe du monde, six de Championnats d'Europe et remporté les Jeux olympiques de Londres en 1948. Ils ont terminé une fois finalistes malheureux au Mondial (1958) et deux fois sur le podium (1950 et 1994). A l'Euro, ils ont été une fois demi-finalistes (1992) et éliminés une fois en quart (2004). Ce n'est donc pas les trois quarts de finale (1934, 1938 et 1954) de la Suisse qui va les effrayer!

La Suède actuelle n'a de loin pas la somme de talents de ses devancières et c'est sans doute là sa grande force. Elle a très vite fait le deuil de son unique star mondiale, Zlatan Ibrahimovic, qui a certes fait le show avant ce tournoi en imaginant revenir, mais c'était davantage pour vendre les cartes de crédit de son sponsor qu'un réel espoir de jouer ce Mondial. Ne comptez donc pas sur lui pour faire un show «maradonesque» mardi, dans les travées du Stade Krestovski.


Du coup, avec un collectif soudé et sans les stars qui ont maculé son histoire tels Henrik Larsson, Kennet Andersson, Anders Svensson ou la Gre-No-li (Gunner Gren, Gunner Nordahl et Nils Liedholm) qui terrorisait les défenses au début des années 50, cette «Tre Kronor» s'avance en sous-marin pour essayer de surprendre encore, malgré leur joli palmarès des derniers mois (ils ont éliminé l'Allemagne et l'Italie, ainsi que battu la France et les Pays-Bas notamment). Sans complexe, ils font porter le chapeau de favoris aux Suisses, histoire de surfer sur la vague de surprises qui a submergé cette Coupe du monde.

«Certains des résultats de ce Mondial sont fascinants. Ca montre vraiment que les grandes et grosses nations ne gagnent pas tout le temps, a lâché le sélectionneur Janne Andersson. Pour moi, tout ça, c'est une énorme source d'inspiration.» L'autre source d'inspiration, c'est que de ce côté du tableau, le finaliste est à chercher au milieu de la Suède, la Suisse, la Croatie, la Russie, l'Angleterre ou la Colombie. Palmarès cumulé de ses six nations? Les Anglais en 1966. Et encore, on est pas très sûr que le ballon était dedans.

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