Attentats en France

19 novembre 2015 06:34; Act: 19.11.2015 10:04 Print

Comptes Twitter de terroristes supprimés

Les pirates informatiques sont de plus en plus nombreux à livrer bataille aux djihadistes qui cherchent à diffuser leur propagande et à recruter sur les réseaux sociaux.

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Anonymous est le dernier en date s'en prendre aux sympathisants de l'Etat islamique. Le collectif de «hackers» a en effet promis une riposte à l'EI après les attentats qui ont fait 129 morts à Paris vendredi dernier. Ses membres affirment avoir déjà fait fermer des milliers de comptes djihadistes sur Twitter. Il semblerait en effet que 5500 comptes aient été bloqués.



Service de renseignements

Certains Anonymous ont crée un compte spécial - Operation Paris - après les attentats de vendredi 13, et ont commencé à dévoiler des noms de recruteurs du groupe Etats Islamique, en publiant leurs adresses, numéros de téléphone et adresse électronique.


D'autres prétendent agir depuis longtemps en secret contre le cyberactivisme de l'EI et avoir fait fermer des dizaines de milliers de comptes tout en collectant des informations sur les réseaux de recrutement en se faisant passer pour des candidats au jihad.

«Nous agissons comme un service de renseignements», résume le directeur de Ghost Security Group («groupe de sécurité fantôme»), qui préfère rester anonyme pour des raisons de sécurité. Son organisation de volontaires transmet, dit-il, des informations sur les activités des jihadistes au FBI et à d'autres agences gouvernementales américaines.

Les services de renseignements «apprécient cette aide extérieure», assure Michael Smith, un conseiller en terrorisme auprès du Congrès américain, qui joue les intermédiaires entre les pirates informatiques - dont les activités sont illégales quel que soit leur objectif - et les agences de sécurité.

Réseaux sociaux plus réactifs

Twitter, Facebook ou YouTube sont beaucoup plus réactives depuis environ un an, notent les cyberactivistes, même si elles refusent de s'exprimer publiquement sur la question.

Facebook interdit désormais toute apologie du terrorisme; YouTube supprime en quelques heures les vidéos de violence et les comptes djihadistes n'ont pratiquement plus droit de cité sur Twitter, souligne Ghost Security.

«De plus en plus de comptes sont fermés», constate J.M. Berger, un spécialiste de l'EI à la Brookings Institution. «Je pense que la plupart des signalements sont faits par des groupes comme les Anonymous ou Ghost Security. Mais il y en a d'autres.»

S'il n'y a pratiquement plus de propagande djihadiste sur Twitter, les sympathisants de l'EI ont de la ressource et utilisent désormais davantage l'application de messagerie Telegram, souligne M. Berger et d'autres spécialistes de la cybersécurité.

(nxp/dro/ats)