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19 novembre 2019 22:26; Act: 19.11.2019 22:26 Print

Espagnols pistés en masse grâce à leur smartphone

A partir de lundi prochain, des millions de portables espagnols seront géolocalisés pour le recensement. Mais l'opération fait l'objet de réticences.

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Des millions d'Espagnols seront géolocalisés grâce à leur téléphone portable. (Photo: istock)

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Inédite en Espagne, l'initiative visant à géolocaliser des millions de téléphones portables en vue d'un recensement de la population, repose sur la collaboration des trois principaux opérateurs téléphoniques nationaux : Movistar, Orange et Vodafone. Ensemble, ils représentent 78,7% des téléphones mobiles en service dans le pays. L'Institut National de la Statistique (INE) a versé près de 500'000 euros aux trois opérateurs pour ce suivi massif.

Une opération sur 8 jours

Suivre les mouvements géographiques des citoyens servira à l'élaboration du recensement de la population de 2021. L'opération permettra également de connaître la mobilité quotidienne des Espagnols, ainsi que le nombre de personnes présentes de jour comme de nuit dans les différentes zones du pays, tel que l'explique l'INE dans un communiqué.

Les smartphones serviront ainsi à pister leur propriétaire sur une durée de huit jours au total : cinq jours en novembre, le 25 décembre, ainsi que les 20 juillet et 15 août 2020. A chacune de ces dates, l'INE sera informé de la localisation des téléphones à différentes heures de la journée.

De nombreuses réticences

L'INE assure que le traitement de ces données personnelles se limitera à un décompte anonyme des téléphones : «L'INE ne disposera à aucun moment d'informations individuelles d'aucune sorte», car les opérateurs ne transmettront ni les numéros ni les noms des titulaires des lignes, insiste-t-il.

Mais malgré ces affirmations répétées depuis la publication du projet à la fin du mois octobre dernier, celui-ci suscite de nombreuses réticences. Outre le fait que les utilisateurs n'aient pas été consultés, un tel suivi soulève à nouveau la question de la protection des données personnelles, une fois collectées. Ces derniers jours, de nombreux médias ont donné des astuces pour éviter le suivi de son mobile.

«Nous sommes absolument favorables aux usages statistiques, mais pas à l'utilisation des personnes comme des cobayes sans qu'ils le sachent, sans qu'ils sachent comment et sans qu'ils aient donné leur consentement, réellement informés », critique dans un communiqué Simona Levi, fondatrice de Xnet, plateforme d'activistes qui défend les droits dans le monde numérique.

(lvb)