Cryptomonnaies

01 février 2019 14:14; Act: 02.02.2019 07:34 Print

Dur retour à la réalité dans la Crypto Valley de Zoug

Les spéculateurs ne sont pas les seuls à avoir des difficultés sur le marché des cryptomonnaies. Les sociétés sont aussi touchées. Sans se trouver au bord de la faillite.

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Le temps où une start-up pouvait engranger des millions avec une levée de fonds en cryptomonnaies, sans avoir un modèle d'affaires solide, est révolu. (Photo: Keystone)

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Les difficultés sur le marché des cryptomonnaies n'ont pas seulement eu des conséquences pour les spéculateurs, elles ont également impacté les sociétés actives dans ce domaine. Mais le tout récent secteur d'activité, particulièrement implanté dans le canton de Zoug, n'est toutefois pas au bord de la faillite, assurent les spécialistes.

La branche ne devrait pas encore avoir atteint le creux de la vague, a indiqué à AWP Ralf Kubli, directeur de l'équipe de conseil de la société de participations zougoise CV VC. Les sociétés qui avaient fait du négoce de cryptomonnaies leur modèle d'affaires se trouvent face à des défis. Dans le développement, les sociétés d'informatique devront aussi travailler avec des équipes plus petites.

Trop de collaborateurs

«Pendant la phase de croissance, certaines start-ups ont engagé beaucoup trop de collaborateurs et doivent désormais faire marche arrière», a expliqué M. Kubli pour résumer la situation.

Au niveau du canton de Zoug, on reste plutôt calme. «L'écosystème est toujours aussi dynamique en matière d'implantations et de créations d'entreprises», a indiqué à AWP Bernhard Neidhart, directeur du Service cantonal pour l'économie et le travail. Il concède malgré tout qu'une consolidation est en cours.

Un tiers du personnel licencié

Une de ces start-ups appartient à l'Américain Erik Voorhees, fondateur et directeur général du «bureau de change de cryptomonnaies» Shapeshift. Récemment, il a dû se résoudre à licencier un tiers du personnel, soit 37 collaborateurs, en raison de la chute des cours des cryptomonnaies et de mauvaises décisions stratégiques.

«Nous nous attendons à d'autres licenciements si l'inversion de tendance n'a pas lieu», a précisé Falcon Private Bank, elle-même active sur le marché des cryptomonnaies. La situation n'est cependant pas si sombre. «L'innovation n'est pas morte, les développeurs travaillent encore en coulisses», estiment des spécialistes.

Selon le dernier rapport de CV VC, la chute des cryptomonnaies a eu une influence substantielle sur la valorisation de start-ups évaluées à plusieurs milliards, dont le modèle d'affaires était lié à l'évolution des cours de ce type de devises.

Divisée par deux

Une étude réalisée en collaboration avec le cabinet de conseil PwC et le prestataire de services informatiques Inacta montre que la valorisation des 50 plus grandes entreprises liées à la technologie blockchain en Suisse a été plus que divisée par deux simplement entre le troisième et le quatrième trimestre 2018. Plus concrètement, la valorisation est passée de 44 à 20 milliards de dollars. La majorité de ces entreprises ont leur siège à Zoug ou dans les alentours.

Il ne faut toutefois pas s'attendre à une vague de faillites, a insisté Thomas Landis, directeur de l'incubateur de start-ups Fintech F10 à Zurich. L'environnement est bon pour les jeunes pousses. «La plupart des dirigeants ont compris que l'innovation est importante», a-t-il assuré.

Par contre, il est important que les jeunes entreprises ne se concentrent pas uniquement sur une technologie. Il faut qu'elles mettent la clientèle au centre. «Alors seulement il y aura des intéressés qui se laisseront convaincre». Le temps où une start-up pouvait engranger des millions avec une levée de fonds en cryptomonnaies (ICO), sans avoir un modèle d'affaires solide, est révolu.

(nxp/ats)