Haine sur internet

04 février 2019 14:58; Act: 04.02.2019 15:12 Print

Jeuxvideo.com va se plier au code de conduite de l'UE

Depuis le lancement d'un «code» européen contre les discours de haine, plusieurs géants du web s'y sont soumis. C'est maintenant au tour du plus gros site français de jeux vidéo.

storybild

Jeuxvideo.com est régulièrement critiqué pour les campagnes de cyberharcèlement menées par certains de ses membres anonymes. (Photo: Twitter)

Une faute?

Le site français Jeuxvideo.com, souvent critiqué pour les discours haineux diffusés sur ses forums, a rejoint le code de conduite de l'UE contre ce fléau, a annoncé lundi la Commission européenne, satisfaite des «progrès» des grandes plateformes comme Facebook et Twitter.

Près de trois quarts des contenus considérés comme des «discours de haine illégaux», notamment racistes ou xénophobes, sont supprimés après leur signalement, contre moins d'un tiers au moment du lancement de ce «code» en 2016, s'est réjoui l'exécutif européen devant la presse.

Facebook, Twitter, YouTube et Microsoft avaient été les premiers signataires à promettre des «procédures claires et efficaces pour examiner» en moins de 24 heures les signalements. Ils ont été rejoints l'an dernier par Google , Instagram, Snapchat et Dailymotion.

«Aujourd'hui, je veux saluer l'arrivée de la plateforme française de jeux vidéo Jeuxvideo.com», s'est félicitée la commissaire à la Justice, Vera Jourova. Le groupe Webedia, propriétaire de ce site et de plusieurs dizaines d'autres dans le «divertissement digital», a confirmé cette adhésion.

«Les process de modération mis en place sur nos sites et notamment sur les forums de Jeuxvideo.com ne cessent de progresser», a assuré le groupe dans un communiqué, se disant «conscient de la puissance» de ces «espaces de discussion» et soucieux d'ériger les «garde-fous nécessaires».

Progrès

Jeuxvideo.com est régulièrement critiqué pour les campagnes de cyberharcèlement menées par certains de ses membres anonymes, notamment depuis son forum «Blabla 18/25». Trois internautes ont ainsi été condamnés en 2018 après y avoir menacé de mort une journaliste française.

«Des progrès constants ont été enregistrés» depuis le lancement du code de conduite en 2016, a estimé la Commission. Elle a présenté un bilan montrant que les signataires du texte «réagissent avec célérité lorsque des discours haineux à caractère raciste et xénophobe leur sont signalés».

Quand des utilisateurs notifient de tels contenus, les plateformes les évaluent dans les 24 heures dans 89% des cas (contre 40% en 2016). Et 72% de ces contenus sont ensuite supprimés (contre 28% en 2016), selon ce bilan chiffré.

«Les résultats montrent que les plateformes ont pris leurs obligations au sérieux», a estimé Mme Jourova, qui les a toutefois appelées à «améliorer leur retour d'information aux utilisateurs qui envoient des notifications».

Le respect du code de conduite contre la haine en ligne est une démarche volontaire, mais Mme Jourova a rappelé qu'une législation contraignante serait envisagée si les plateformes relâchaient leurs efforts, comme cela a été fait avec les contenus à caractère terroriste.

Parallèlement, l'exécutif européen a lancé en 2018 un code de bonnes pratiques comparable sur le thème de la désinformation, dans lequel Facebook, Twitter et Google s'engagent à agir contre la diffusion de fausses informations. Ce phénomène inquiète particulièrement l'UE à quatre mois des élections européennes.

(nxp/afp)