Gaming

17 septembre 2019 07:01; Act: 17.09.2019 16:32 Print

Quand les filles s'emparent de l'e-sport

L’e-sport a tout pour promouvoir la mixité, en mettant filles et garçons sur un pied d’égalité. Mais il reste beaucoup à faire.

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Laure «Bulii» Valée (à g.) et Eefje «Sjokz» Depoortere, ici lors de la finale européenne de «LoL» à Athènes, sont des figures emblématiques de l'e-sport. Céline Matter travaille à 100% comme nutritionniste, avec comme objectif de devenir coach pour des athlètes d'e-sport. Un univers quelle connaît bien, car elle fait partie de l'équipe Babos Gaming. Pour la Bâloise de 26 ans, alias JessyBlack, c'était lune des meilleures façons de progresser. «Le réseau est capital et il ne faut pas hésiter à postuler directement en contactant les teams. Communiquer avec les membres de mon équipe et la communauté me plaît beaucoup.» LAméricaine Soleil «Ewok» Wheeler a réussi un coup de maître en rejoignant l'emblématique FaZe Clan, l'ancienne équipe de Tfue. A seulement treize ans et alors quelle est sourde, la streameuse de «Fortnite» est la première fille à intégrer cette prestigieuse structure. Ewok est connue pour sa bonne humeur contagieuse. Elle compte déjà plus de 270'000 followers sur Twitch et a remporté la somme de 20'000 dollars reversée à une uvre de charité lors d'un tournoi Pro-Am. Le championnat européen de «League of Legends» («LoL») attire de nombreux fans à Berlin. «Je regarde les compétitions de «LoL» depuis 2014. J'adore venir ici, voir les gamers jouer en live, c'est vraiment génial!», nous explique Kathy, qui soutient l'équipe Rogue. Nat (à g.) et Sarah se déguisent dans leurs personnages préférés depuis quelles sont ados. «Faire du cosplay aux couleurs de l'équipe G2, c'est notre façon de l'encourager!» La team Vaevictis a créé l'événement, en février. L'équipe russe, qui évolue dans le championnat CIS, a décidé de composer un roster exclusivement féminin, le premier dans une ligue majeure de «LoL». Tr1ggered, Ankote, Trianna, VioletFairy et Merao (de g. à dr.), rejointes depuis par Intgration, HellMa et PewPewSolari font figures de pionnières dans le haut niveau de le-sport.

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C’est tout le paradoxe. Les filles sont encore peu présentes dans le monde de l’e-sport alors qu’elles représentent 30,4% des viewers et 35% des gamers (et même 46% en Suisse), selon des études récentes. «Les mentalités sont en train de changer, nous explique Bulii, présentatrice et intervieweuse chez Riot Games, éditeur de «League of Legends».

«Comme nous sommes de plus en plus présentes à l’écran, ça donne des idées aux gameuses de s’intéresser à l’e-sport et à franchir le pas.» Pour Sjokz, présentatrice et collègue de Bulii, «il y a beaucoup de filles qui jouent, qui viennent voir des compétitions ou qui travaillent avec les équipes professionnelles.»

Mais les obstacles pour les gameuses restent encore nombreux. «La joueuse Remilia n’avait été alignée que deux semaines en 2015 en LCS, le championnat nord-américain, illustre Bulii. Le milieu peut être encore un peu misogyne, surtout quand on voit les retours sur les réseaux sociaux.»

Est-ce que la solution serait de créer des ligues 100% féminines pour qu’il y ait plus de gameuses pros au plus haut niveau? «Non, car l’e-sport est l’une des rares disciplines qui peut être mixte vu que l’aspect physique n’est pas prédominant, juge Bulii. L’idéal est donc d’intégrer petit à petit les filles dans les équipes pros.»

Créer des championnats différents ne séduit pas non plus Sjokz: «Je ne suis pas fan de cette idée. Mais d’un autre côté, ça pourrait augmenter l’attention sur une telle ligue et faire émerger des talents.»

Ex-joueuse d’«Overwatch» au sein d’une équipe 100% féminine puis dans la team mixte du Lausanne eSports, Khirya estime que «créer des ligues différentes exclurait encore plus les filles. La clé est de sortir petit à petit des stéréotypes.»

Pour les jeunes filles qui rêvent d’atteindre le plus haut niveau, Khirya conseille d’«y aller au culot! Il faut être sûre de soi, être consciente de ce que l’on vaut et choisir une équipe où on se sent bien. L’essentiel est de franchir les étapes les unes après les autres sans être trop pressée, en cherchant à s’améliorer et à gagner confiance en soi.» 

(mey)