Technologie

22 octobre 2019 08:06; Act: 22.10.2019 10:03 Print

La 5G est-elle dangereuse? La science livre ses vérités

Des experts français se prononcent sur les inquiétudes liées à la technologie de la 5G sur la santé.

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La 5G est-elle dangereuse pour la santé? La question monte, et les inquiétudes aussi, au fur et à mesure du déploiement de cette nouvelle technologie de téléphonie mobile dans le monde. Le point sur ce qu'en dit la science.

La 5G, c'est quoi?

Bouleversement majeur dans l'industrie des télécoms, cette technologie offrira un débit beaucoup plus élevé que la 4G actuelle, avec un accès plus rapide aux contenus et la possibilité de faire circuler des milliards de données sans engorgement.

La 5G permettra à toutes sortes d'équipements électroniques d'être connectés entre eux, ce qui permettra de généraliser des applications futuristes: voitures autonomes, usines automatisées, chirurgie à distance, robots intelligents...

Pour augmenter le volume de données, la 5G utilisera une bande de fréquences plus haute que la téléphonie mobile actuelle: à partir de 3,4 gigahertz (GHz) d'abord puis, à terme, au-dessus de 26 GHz.

Mais plus la fréquence est haute, plus la portée des ondes est courte. C'est pourquoi le déploiement de la 5G nécessitera d'augmenter le nombre d'antennes, une perspective qui inquiète certaines ONG.

Le déploiement a commencé aux États-Unis, et la Corée du Sud a annoncé en avril la couverture de tout son territoire.

En Europe, la Suisse, la Finlande, l'Estonie et Monaco font partie des premiers pays à avoir commencé à déployer la 5G. L'Allemagne a attribué aux opérateurs les fréquences nécessaires et la France fera bientôt de même.

Radiofréquences et santé: que dit la science?

Téléphones portables mais aussi télévision, radio ou wifi: les sources d'exposition aux radiofréquences sont nombreuses, ce qui provoque «des craintes», comme le reconnaît l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

«Malgré de nombreuses recherches, rien n'indique pour l'instant que l'exposition à des champs électromagnétiques de faible intensité soit dangereuse pour la santé humaine», souligne l'OMS.

Cette absence d'effet avéré à court terme vaut «pour les différentes sources d'exposition, les téléphones mobiles étant parmi les plus présents en nombre et en intensité», explique Olivier Merckel, expert de l'Agence de sécurité sanitaire française Anses. Elle a publié en 2013 une évaluation des risques liés aux radiofréquences.

Néanmoins, certaines études évoquent «une possible augmentation du risque de tumeur cérébrale, sur le long terme, pour les utilisateurs intensifs de téléphones portables», rappelle l'Anses.

C'est pourquoi le Circ, l'agence de l'OMS spécialisée dans le cancer, a classé en 2011 les radiofréquences comme «peut-être cancérogènes pour l'homme», en recommandant les kits mains libres pour les portables.

Par ailleurs, dans un rapport de 2016, l'Anses a estimé que les ondes des portables, tablettes ou jouets connectés pouvaient avoir des effets sur les fonctions cognitives - mémoire, attention, coordination - des enfants. Elle a recommandé de limiter leur exposition.

Effets biologiques ou sanitaires?

«Le principal effet biologique des champs électromagnétiques de radiofréquence est de nature thermique», c'est-à-dire l'augmentation de la température des zones exposées, selon l'OMS.

C'est le principe des fours à micro-ondes, et c'est pourquoi des seuils de puissance sont imposés aux portables.

Par ailleurs, «des études ont montré l'existence d'effets biologiques sur certains paramètres très spécifiques, comme le sommeil ou la tension», dit Merckel.

Mais, et ce point est important, effet biologique ne veut pas forcément dire effet sanitaire, c'est-à-dire danger pour la santé. Une distinction difficile à saisir pour le grand public.

Des effets biologiques sont le signe que le corps s'adapte aux variations de son environnement.

«Par exemple, le stress fait monter le taux d'adrénaline et l'effort physique la température du corps, c'est une réaction physiologique normale et réversible», dit à l'AFP Brahim Selmaoui, chercheur à l'Ineris (Institut français de l'environnement industriel et des risques).

Toute la question est de savoir si l'accumulation d'effets biologiques dépasse la capacité d'adaptation de notre corps, ce qui peut alors avoir des conséquences sur la santé.

Des questions spécifiques à la 5G?

Les bandes de fréquence grâce auxquelles on commence à déployer la 5G, environ 3,5 GHz, «sont proches de celles utilisées actuellement pour la 4G ou le wifi», note Merckel. Cela ne change donc pas radicalement les questions que se pose la science. En revanche, c'est différent pour les bandes qui seront utilisées ensuite, à partir de 26 GHz (c'est ce qu'on appelle la «5G millimétrique»).

«À partir de 10 GHz, l'énergie électromagnétique ne pénètre presque plus dans le corps mais est concentrée au niveau de la peau: ça pose des questions différentes en matière d'effets potentiels sur la santé», explique Merckel.

«À 70 GHz, le cerveau n'est pas exposé du tout, la concentration est superficielle, sur la peau ou les oreilles», renchérit M. Selmaoui.

À l'heure actuelle, les données manquent sur ces questions. En 2012, l'Anses a évalué les risques de scanners corporels utilisés dans les aéroports, qui fonctionnent également avec des ondes millimétriques. Conclusion: «Ce type de scanners ne présenterait pas de risque pour la santé.»

Mais, si les ondes sont de même type, l'usage est différent: avec la 5G, l'exposition du public sera beaucoup plus large.

L'Anses s'apprête à lancer une expertise sur les effets potentiels spécifiques des signaux 5G sur l'homme et espère la conclure pour «fin 2020», selon Merckel.

Une société qui va trop vite?

Au-delà de la question des ondes, les ONG opposées à la 5G craignent qu'elle nous fasse basculer dans un monde «hors de contrôle»: une société où tout ira trop vite et où les gens seront toujours plus connectés, les yeux encore plus rivés sur les écrans. L'Anses va lancer une étude spécifique sur la question de l'impact sociétal de ces technologies.

«C'est très vaste: il s'agit d'examiner les effets de nos expositions aux outils numériques sur la santé au sens large, c'est-à-dire un état de bien-être physique, social et mental, en mettant de côté la question du rayonnement», indique M. Merckel.

Cette expertise-là sera longue à mener. «Au moins deux ou trois ans», pronostique l'expert.

(nxp/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Raoul le 22.10.2019 09:32 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Pitié, stop

    Tout ça pour avoir un frigo connecté et regarder des séries dans le bus... l'exemple de faux besoins inculqués aux consommateurs pour leur faire acheter n'importe quoi et toujours davantage....

  • Vero1974 le 22.10.2019 09:53 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Nombrilisme

    Il n'y a pas que nous et notre santé ... il y a l'impact sur les insectes, en particulier les abeilles, déjà bien mises à mal par notre mode de vie ... mais ça, comme toujours, on s'en fout.

  • Gégé le 22.10.2019 09:33 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Mémoire courte

    L'amiante aussi, c'était un truc sûr....

Les derniers commentaires

  • Toto le 12.11.2019 22:16 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    ...

    Le reel danger nest pas la dangerosite de ces ondes mais bien cette croissance technologique qui nous rapproche toujours plus d'une singularité technologique que l'on ne maitrisera pas....

  • Etudes le 23.10.2019 20:42 Report dénoncer ce commentaire

    Fausses croyances

    Des études ont déjà été faites .. les insectes .. plantes et animaux seraient très perturbés .. pertes du sens de l'orientation .. croissances limitées pour les plantes .. mais c'est comme la cigarette à l'époque !! mais non y à pas de problème voyons !!

    • Jean Luc le 24.10.2019 13:57 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Etudes

      Plus besoin d'insecticide et d'herbicide, Tant mieux !

    • JYTHIA le 24.10.2019 17:43 Report dénoncer ce commentaire

      Le doute comme pour la cigarette...

      Pour la cigarette, on a attendu plus de 60 ans avant d'interdire de fumer dans les lieux publics pour protéger les non fumeurs qui seraient alors exposés contre leur gré ; (Il a fallu des millions de mort du cancer par la cigarette). Va t-on attendre aussi 60 ans pour protéger les riverains d'antennes à qui on IMPOSE EN PERMANENCE LES ONDES DES ANTENNES ? 3 projets de loi ont été déposés en 2005,2007 et 2013 et sont restés au stade de projets. Les politiciens sont à la botte des industriels qui ne pensent qu'à leurs bénéfices, comme la cigarette...pas encore assez de morts peut être.

  • jYTHIA le 23.10.2019 10:50 Report dénoncer ce commentaire

    Ils demandent toujours plus de recherche

    Depuis le 17 septembre 2017 plus de 180 scientifiques et médecins de 37 pays avaient demandé un moratoire sur le déploiement de la 5G jusqu'à ce que des études d'impact sanitaires et environnementales sérieuses et indépendantes aient été réalisées préalablement à toute mise sur le marché. Des milliers d'études ont déjà prouvé scientifiquement que les ondes électromagnétiques sont nocives pour les humains et pour l'environnement (EU 5G Appeal). Selon Merckel, l'Anses s'apprête aujourd'hui seulement à lancer une expertise sur les effets potentiels spécifiques des signaux 5G sur l'homme ???

    • Jean Luc le 23.10.2019 14:00 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @jYTHIA

      Tu ne sais donc pas lire ? Tes milliers d'études vous en parlez, mais on ne les vois jamais ! En voici faites par des scientifiques qui affirent le contraire de vos allégations !

    • Géo Maitre le 24.10.2019 07:20 Report dénoncer ce commentaire

      La "Science" sponsorisée...

      70% des études écartant le danger sont sponsorisées par les sociétés de télécoms... (Dr Henry Lai, University of Washington)

    • JYTHIA le 24.10.2019 17:50 Report dénoncer ce commentaire

      Ils ont reussi à mettre le doute partout

      Tu as raison Géo...et pour Jean Luc, va voir les rapports de "bioinitiative" de 2007 et 2012. Tu verras ce que l'on cache au grand public. Les industriels ne sont pas si bête pour faire leur publicité...

  • Frank Mueller le 23.10.2019 07:32 Report dénoncer ce commentaire

    Initiative fédérale

    On met surtout en avant les risques liés aux téléphones mobiles mais le wifi au quotidien ou vivre à proximité d'antennes apparemment rien... Signer et faites circuler l'initiative fédérale w w w. mobil funk-initiative. ch/ index_ htm_files/ Flyer_franz. pdf (enlever tous les espaces)

    • Jean Luc le 23.10.2019 14:01 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Frank Mueller

      Vous trompez les gens avec un titre sur la 5G,mais en fait, vous voulez tout interdire !

    • JYTHIA le 24.10.2019 18:02 Report dénoncer ce commentaire

      protéger ne veut pas dire interdire

      Rien interdire, mais seulement protéger les riverains contre les ondes d'antennes relais qui les émettent en permanence. Trois projets de loi qui imposaient une distance de 300 mètres des habitations sont restés au stade de projet. Voter une telle loi n'empêcherait pas la 5G d'arriver...des pays l'ont déjà fait -Pennsylvanie : 600 mètres-Pays de Galles : 500 mètres-- Australie : 200 mètres-Finlande : 100 mètres pour les habitations, 500 mètres pour les zones sensibles. Pour nos gouvernants, l'intérêt économique passe avant la santé publique

  • Frank Mueller le 23.10.2019 07:02 Report dénoncer ce commentaire

    Initiative fédérale

    On met surtout en avant les risques liés aux téléphones mobiles mais le wifi au quotidien ou vivre à proximité d'antennes apparemment rien... Signer et faites circuler l'initiative fédérale

    • JYTHIA le 24.10.2019 18:09 Report dénoncer ce commentaire

      Projet de loi, esprit tranquille

      Si, il y a eu trois projets de loi interdisant d'installer une antenne relais dans un rayon de 300 mètres...restés au stade de projets( 2005,2007,2013). Cela reste inconnu du grand public...dans l'intérêt des industriels. Le seul décret applicable à ces installations voté en "catimini" entre deux tours des élections présidentiels ne protège pas les riverains d'antennes relais. Histoire de gros sous comme d'habitude pour ne pas changer.