Success story

18 février 2011 10:20; Act: 18.02.2011 15:21 Print

La navigation mobile sous l'empire d'Opera

par Laurent Favre - Ordinateurs, mobiles, tablettes, télévisions, consoles de jeu et même voitures. L'éditeur norvégien est partout. Son cofondateur Jon von Tetzchner s'en est expliqué au Congrès du mobile à Barcelone.

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Plus de 100 millions de personnes surfent avec leur mobile sur le web chaque mois avec Opera, selon vos derniers chiffres. Comment expliquez-vous ce succès?

Nous n'avons jamais négligé les anciens modèles de téléphones portables, de secondes, voire de troisièmes mains, qui sont encore en service dans les pays en voie de développement. Il faut savoir qu'Android, Apple et Microsoft ne représentent ensemble que le 10% du marché mondial.

L'expérience de navigation sur les téléphones portables n'est pourtant pas toujours concluante...

Quand vous n'avez qu'un téléphone mobile à disposition, comme c'est souvent le cas dans les pays émergents, Opera Mini vous permet d'accéder à l'information d'une manière relativement aisée. On l'utilise comme les SMS.

Vous multipliez les déclinaisons de votre navigateur sur des plateformes différentes. Ne risquez-vous pas trop de disperser vos forces?

Non, je ne pense pas. Le 90% du processus de base reste le même pour tous les terminaux.

La tendance ces derniers mois est plutôt à l'installation d'applications tous azimuts, que ce soit sur les mobiles ou sur des plateformes comme Facebook. Craignez-vous que les applications rendent à terme inutile les navigateurs?

Les applications ne sont souvent rien de plus que des signets de sites web. Les gens aiment retrouver leurs informations sur leurs différents appareils avec le moins de contraintes possibles. Mais je sais aussi apprécier quand une application est fun.

Comment imaginez-vous Facebook dans les 5, voire les 10 prochaines années?

Internet existera toujours. Les services web, eux, changent. L'histoire du web l'a démontré avec des plateformes comme Geocities. Facebook est un service encore relativement jeune. Je ne serais pas surpris s'il disparaissait un jour. Il se peut qu'au bout d'un moment les gens aient envie d'aller s'amuser ailleurs, de la même manière qu'une mode peut passer.

Peut-on se priver d'internet aujourd'hui.

Oui, mais c'est difficile. On s'y est tellement habitué. Avant on se posait la question de savoir si on pouvait survivre sur une île déserte sans la télévision. Aujourd'hui on se demande si on peut le faire sans être connecté.

Est-on arrivé à un état de dépendance, voire d'addiction, en ayant le besoin d'être connecté en permanence?

Pour beaucoup de gens, cela fait partie désormais de leur vie, de leur routine quotidienne. On le fait de la même manière qu'on aime discuter avec quelqu'un.

La question de la neutralité du net se pose avec récurrence avec un risque potentiel d'internet à deux vitesses. Qu'en pensez-vous?

Je crois en un internet ouvert et égalitaire.

Il y a deux ans, à l'occasion du 1er avril, vous aviez fait une vidéo où la navigation se faisait via les expressions de son visage, avec un système similaire au Kinect de Microsoft. Est-ce si utopique que cela?

C'est faisable et on aurait pu lancer une étude dans ce sens. Cela collerait en plus parfaitement avec notre philosophie d'être accessible pour tout le monde. Mais ca serait difficile à rendre son fonctionnement efficace.

Et la commande de la navigation par l'esprit?

J'en doute. A moins de greffer du matériel dans le cerveau. Mais je ne suis pas sûr que le cyborg soit la direction vers laquelle nous voulions nous diriger...