Courrier indésirable

05 décembre 2011 13:45; Act: 05.12.2011 14:57 Print

Le boss bannit les mails dans son entreprise

Les salariés d'Atos se passent progressivement de l'envoi de courriels, en recourant à des alternatives jugées à la fois plus efficaces et moins chronophages.

Une faute?

Vous avez reçu un mail? Ce message apparaît de moins en moins dans les boîtes de messagerie électronique des quelque 80 000 employés d'Atos, une société active dans les technologies de l'information. Tout mail devient même indésirable.

Au début de l'année, Thierry Breton, le patron d'Atos, a en effet décrété l'abandon des mails d'ici 2013, dans le cadre d'une nouvelle politique de l'entreprise baptisée «Inbox Zéro». L'ancien Ministre français s'appuyait sur le fait que seuls 10% des messages des 200 reçus en moyenne quotidiennement par ses employés étaient utiles et que 18% étaient carrément du spam.

«Nous produisons une quantité incroyable de données qui polluent notre environnement de travail, ainsi que nos vies personnelles», avait plaidé le patron français.

Les salariés sont ainsi fortement invités depuis à utiliser des alternatives, des services de messagerie instantanée et une interface «à la» Facebook.

A mi-chemin de l'expérience, Atos affirme avoir réduit de 20% le volume des mails échangés. «L'initiative concerne plutôt les emails internes que les emails externes avec nos clients et partenaires», explique sur ABC News Caroline Crouch, porte-parole de la société. Selon elle, les employés ont répondu favorablement à l'initiative, en plébiscitant les outils alternatifs.

Thierry Breton n'aurait lui-même plus envoyé un seul courriel depuis son intronisation en novembre 2008 à la tête d'Atos, selon ses confidences accordées au Wall Street Journal. «Si les gens veulent me parler, il peuvent venir et me rencontrer, m'appeler ou m'envoyer un SMS. Les emails ne peuvent pas remplacer des paroles prononcées», plaide le patron de 56 ans.

Atos évalue désormais l'efficacité des mesures de remplacement: l'outil collaboratif Wiki, invitant à mettre à jour en ligne des informations communes, et Office Communicator, l'outil de communication d'entreprise de Microsoft.

(laf)