Lift Conférence 2011 à Genève

05 février 2011 08:46; Act: 05.02.2011 09:56 Print

Le match Google vs Facebook par un expert

Invité à Lift11, David Galbraith voit les réseaux sociaux s'installer durablement dans nos vies.

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Architecte reconverti dans l'industrie de l'internet, David Galbraith a notamment participé au lancement Yelp, un service de recommandation d'adresses locales en vogue aux Etats-Unis. Rencontre.

Vous opposez volontiers Facebook à Google...

Facebook est la première société web avoir atteint la même taille que Google. En même temps, on assiste à une transition entre un régime d’algorithme à celui de graphe social s'appuyant sur les connexions et relations entre les gens. Ce graphe social sera désormais une constante permanente sur internet.


La recette de Google n'est donc plus suffisante?

Google est obsédé par les algorithmes. Mais les gens qui y travaillent savent très bien que Google doit être plus social. Ils n'ont pas réussi jusqu'ici mais l'outil de recommandations locales qu'ils ont lancé récemment montre qu'ils n'ont pas abandonné. S’ils ont cartographié à outrance le monde avec les services Google Maps, c'est parce qu'ils savent très bien que c'est là le champ de bataille pour gagner la composante sociale. On assiste là à une bataille entre Google et Facebook et non pas entre Apple et Google.

Facebook est-il devenu indispensable?

C’est nécessaire aujourd’hui d’avoir une connexion sociale sur le net, de la même manière qu'on utilise un moteur de recherche. Cela peut être Facebook ou un autre comme LinkedIn, de la même manière qu'on peut choisir Google ou un autre moteur de recherche. Mais c’est une évidence: Facebook est dominant.


Ne pas être membre de Facebook peut-il devenir un facteur d exclusion?

Pour la nouvelle génération, c'est un peu «leur» Facebook. C'est comme ça qu'ils restent en relation. Pour cette génération cosmopolite, c'est important. Les connexions digitales restent permanentes, indépendamment du lieu où se trouvent les gens dans le monde.


Des gouvernements vont-ils créer leur propre Facebook?

Des organes étatiques ont déjà tenté par le passé de leur propre moteur de recherche. Mais les résultats apportés jusqu’ici n'incitent guère à l'optimisme. Les Etats n'ont jamais vraiment réussi dans le domaine de l'internet. Mais s'ils pouvaient le faire et réussir, ce serait une bonne chose. Tout comme la réussite d’une alternative open source comme le projet diaspora.

Tant Google que Facebook connaissent régulièrement des soucis avec le traitement des données privées...

Les gens ne sont pas toujours conscients que les connexions sociales peuvent être détournées de leur usage initial. Google a comme
devise «Don't be evil» (Ne soyez pas malveillant), Facebook, on ne sait pas...

Comment voyez-vous le futur de services comme Foursquare ou Twitter?

Foursquare est le premier avoir su créer un jeu local. Mais l'engouement est un peu retombé. C'est en tout cas ce que j'ai senti lors de mon dernier séjour à New York. Cela dit, il y a de la place sur le marché local, notamment pour des sociétés comme geoli.st que j’ai bien aimé. (Ndlr lauréat du prix des startup de Lift11)

Twitter a la chance de posséder en son cofondateur Evan Williams un expert dans le design de logiciel avec comme résultat une interface utilisateur très élégante. C'est un avantage sur les téléphones portables où je trouve en comparaison Facebook plus compliqué. Twitter est une forme d'aboutissement du web 2.0 par sa manière de permettre à un internaute de publier sa «page web».

Comment expliquez-vous des succès, bien qu'éphémères, comme Chatroulette.com?

J'aime bien les applications simples et minimalistes. Dans le monde numérique, on a tout ce qu'on veut, souvent même trop de manière à ne plus savoir choisir. Il manque souvent un petit quelque chose pour attirer notre attention. C'est ce qu'à réussi à faire chatroulette avec quelque chose de simple et qui se comprend en moins de 5 minutes.

Si vous ne deviez ne garder plus qu'une application, laquelle serait-elle?

Le service musicalSpotify. On peut écouter de la musique avec un répertoire quasi illimité sans un seul fichier stocké sur son ordinateur ou mobile.

(laf)