Bruxelles

31 mars 2011 11:37; Act: 31.03.2011 15:33 Print

Microsoft dépose une plainte contre Google

Le groupe informatique américain a annoncé jeudi qu'il déposait plainte à son tour auprès de la Commission européenne contre le géant de l'internet Google, dans le cadre d'une enquête déjà en cours pour abus de position dominante.

Une faute?

«Microsoft dépose une plainte formelle auprès de la Commission européenne, dans le cadre de l'enquête en cours de la Commission pour savoir si Google a violé le droit européen de la concurrence», indique Brad Smith, vice-président de Microsoft, dans un blog publié sur le site internet du groupe.

«La Commission prend note de la plainte et, comme le veut la procédure, va informer Google et lui demander de s'exprimer dessus», a réagi la porte-parole de la Commission pour les questions de concurrence, Amelia Torres, prévenant qu'elle ne fournirait «aucune autre information».

C'est à Bruxelles que revient in fine de décider si la nouvelle plainte doit être intégrée à la procédure en cours.

Google «pas surpris»

Google de son côté, par la voix de son porte-parole à Bruxelles Al Verney, s'est dit «pas surpris» car l'une des filiales de Microsoft «était l'un des premiers plaignants». «Pour notre part, nous continuons de discuter de l'affaire avec la Commission européenne, et nous nous faisons un plaisir d'expliquer à qui le désire comment notre activité fonctionne», a-t-il ajouté.

La Commission avait ouvert une enquête formelle contre Google le 30 novembre, après plusieurs plaintes dont l'une émanant du portail internet Ciao, racheté par Microsoft en 2008.

Bruxelles a en ligne de mire deux marchés où Google est incontournable, la recherche et la publicité en ligne.

Le groupe lui-même refuse de communiquer sa part de marché, mais dans la recherche la Commission estime qu'elle s'approche en Europe de 95%.

Bruxelles veut notamment vérifier si Google favorise ses propres services et pénalise ceux de concurrents dans les résultats fournis par son moteur de recherche, mais aussi se pencher sur des «allégations» de clauses d'exclusivité imposées à des partenaires publicitaires.

«Google a fait beaucoup pour faire progresser sa cause louable consistant à organiser l'information du monde, mais nous nous inquiétons d'une série croissante de pratiques visant à empêcher les autres de créer une offre concurrente», a expliqué Brad Smith.

Il «bloque des contenus et des données dont les concurrents ont besoin pour fournir des résultats de recherche aux consommateurs et pour attirer des annonceurs publicitaires», source de revenus essentielle pour les services gratuits sur internet, a-t-il détaillé.

Il cite une série d'exemples, parmi lesquels celui du site de vidéo en ligne YouTube, que Google a racheté en 2006 et où il met en place des «mesures techniques» empêchant des moteurs de recherche concurrents du sien d'accéder correctement.

«Bing (ndlr. le moteur de recherche de Microsoft) et d'autres moteurs de recherche ne sont pas sur un pied d'égalité avec Google pour fournir des résultats de recherche avec des liens vers des vidéos de YouTube et cela détourne bien sûr les utilisateurs des concurrents de Google», accuse Brad Smith.

(afp)