Russie

11 avril 2019 12:26; Act: 12.04.2019 13:54 Print

Moscou veut créer un «internet souverain»

Une loi controversée a été adopté jeudi au parlement russe. Elle prévoit de permettre aux sites russes de fonctionner en se passant des serveurs étrangers.

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Vladimir Poutine devrait promulguer la loi. Après être débattue en troisième lecture par les sénateurs. Ce qui est généralement une formalité.

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Les députés russes ont adopté jeudi une loi controversée visant à créer un «internet souverain» en Russie isolé des grands serveurs mondiaux. Le texte est dénoncé par ses détracteurs comme un moyen pour les autorités de renforcer leur contrôle sur le réseau.

Le texte, adopté en deuxième lecture à 320 voix pour et 15 contre, devra passer désormais en troisième lecture puis par les sénateurs, ce qui constitue généralement une formalité, avant d'être promulgué par Vladimir Poutine.

Pour contrôler les contenus?

Mis au point au nom de la sécurité informatique, il prévoit de permettre aux sites russes de fonctionner en se passant des serveurs étrangers. Il a été critiqué comme une tentative de contrôler les contenus, voire d'isoler progressivement l'internet russe dans un contexte de pression croissante des autorités sur les libertés.

Concrètement, le texte prévoit de créer une infrastructure permettant d'assurer le fonctionnement des ressources internet russes en cas d'impossibilité pour les opérateurs russes de se connecter aux serveurs internet étrangers.

«Contrôle centralisé du trafic»

Les fournisseurs russes d'accès à internet devront également s'assurer de la mise en place sur leurs réseaux de «moyens techniques» permettant un «contrôle centralisé du trafic» pour contrer les menaces éventuelles.

Début mars, des milliers de personnes avaient manifesté en Russie contre ce projet de loi qu'ils accusaient de «censure» et de tentative d'«isoler» le pays du reste du monde.

Les autorités russes n'ont cessé de serrer ces dernières années le tour de vis sur l'internet russe, bloquant des contenus et sites liés à l'opposition, mais aussi des services qui refusaient de coopérer avec elles tels que la plateforme vidéo Dailymotion, le réseau social LinkedIn et la messagerie Telegram.

(nxp/ats)