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10 juin 2019 21:51; Act: 10.06.2019 21:51 Print

Nights et Hypno, rivaux en Suisse et amis à Las Vegas

L'un joue pour Servette, l'autre à Lausanne. Sur Hearthstone, ils sont parmi les meilleurs du pays et veulent maintenant briller sur la scène internationale.

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Yoann Pfersich (à g.) représente leLS alors que Yoann Fasel joue pour Servette. DR

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Le Masters Tour est une série de trois compétitions majeures d'Hearthstone (HS) qui se disputent à Las Vegas (USA), Séoul (Corée du Sud) et en Europe (probablement en Allemagne), avec à chaque fois 250'000 dollars en jeu. La première réunira du 14 au 17 juin au Las Vegas Strip les 300 meilleurs joueurs de la planète. Parmi les qualifiés, deux Romands feront le voyage ensemble: le Vaudois Yoann «Hypno» Pfersich, 33 ans, et le Genevois Yoann «Nights» Fasel, 28 ans. Le premier joue sous les couleurs du Lausanne-sport eSports, le second sous celles du Servette Geneva eSports.

Vous considérez-vous comme rivaux?
Hypno: Oui et non. Entre nos deux clubs, la rivalité est certaine et elle est bien entretenue par nos supporters. Et il est vrai que sur les tournois nationaux, on a toujours plaisir à battre l'autre. Cela dit, sur la scène internationale, nous sommes amis. Nous nous entraidons et nous nous réjouissons des victoires de l'autre.
Nights: On pourrait même parler de rivalité amicale. A Las Vegas, nous avons décidé de loger dans le même hôtel et, si je devais perdre contre Hypno, ce qui n'arrivera pas... disons simplement que je préfère perdre contre lui que contre quelqu'un d'autre.

Quel est votre objectif pour ce grand rendez-vous?
H.: Me qualifier était déjà un objectif en soi. D'ailleurs, je suis aussi qualifié pour Séoul. Toutefois, j'y vais pour gagner. Mon rêve étant de participer aux championnats du monde, une victoire me permettrait certainement de remporter une invitation.
N.: Pour ma part, je ne suis pas encore qualifié pour Séoul, principalement par manque de temps. Les tournois qualificatifs se disputent sur une journée. Il faut donc avoir au minimum quinze heures devant soi. Quant à Vegas, comme pour chaque tournoi, j'espère aller le plus loin possible, tout en sachant que c'est le cas pour tout le monde.

Qu'est-ce qui pourrait vous permettre de faire la différence ou vous faire échouer?
N.: Je supporte assez bien la pression et j'ai pas mal d'expérience en tournois. Mais j'ai un défaut, je ne suis parfois pas assez agressif. Je joue en mode contrôle et il m'arrive d'en abuser.
H.: Je me suis beaucoup entraîné sur la nouvelle Meta (meilleure tactique du moment). Je pars donc assez confiant. Mais, pour gagner, il faut avoir de la chance. J'espère que cette dernière sera avec moi... et j'espère aussi ne pas faire trop d'erreurs. Quand je joue seul, chez moi, ça se passe plutôt bien. Mais j'ai encore du mal à gérer mes émotions lorsque des centaines, voire des milliers, de personnes me regardent.

Tous deux, vous passez pas mal de temps chaque semaine sur HS. Qu'est-ce qui vous a attiré dans ce jeu?
H.: A la base, je jouais beaucoup à Magic, un autre jeu de cartes. C'est en quelque sorte l'ancêtre de HS. Au début, j'ai toutefois cru que HS était seulement une version simplifiée. Au final, je le trouve bien plus addictif. Déjà parce qu'il est moins aléatoire, mais aussi parce que dans sa simplicité, il offre une immense palette de stratégies possibles.
N.: Moi aussi je viens de l'univers de Magic. Et j'ai commencé à m'intéresser à HS dès sa création, car tout était encore à faire, contrairement au Magic qui, par son ancienneté, demeurait un jeu assez figé. D'ailleurs, assez rapidement, j'ai fait partie de différentes équipes et j'aime beaucoup cet aspect. Le partage et l'ambiance avec les coéquipiers sont pour moi primordiaux.

(xfz)