Domotique

10 octobre 2014 16:57; Act: 10.10.2014 16:57 Print

SARAH détient les clés de la maison connectée

par Laurent Favre - L'assistante vocale joue la maîtresse des lieux en gérant les appareils connectés et en distillant des informations opportunes.

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L'automatisation intelligente des appareils domestiques limite les manipulations répétitives liées à leur fonctionnement. A La Celle-Saint-Cloud (F), Jean-Philippe Encausse a développé une plateforme communautaire visant à gérer l'ensemble des objets connectés. Elle est «incarnée» par SARAH, son prénom par défaut inspiré du bunker automatisé de la série Euréka.

A la différence de Siri et de Google Now qui ont investi le smartphone, l'assistante vocale se fait entendre dans la maison. Elle distille des alertes opportunes et commande les appareils connectés, y compris la télévision, conformément aux désirs du geek qui l'a programmée. «C'est un laboratoire expérimental d'innovations, commente le développeur français. On constate déjà que les usages diffèrent beaucoup selon les utilisateurs.»

Les scénarios varient autant que les routines pratiquées par leurs utilisateurs. Par exemple, au réveil, SARAH peut régler les lampes connectées sur une ambiance colorée légère, en tenant compte de la luminosité ambiante. Elle salue ensuite son maître et lui indique la météo du jour. Elle choisit le morceau de musique ou la chaîne de télévision exigée. Avant de partir de la maison, le propriétaire est prié par l'agent intelligent de vérifier qu'il n'a pas oublié de sortir les poubelles, conformément à son calendrier personnel en ligne. Une fois la porte de la maison fermée, le chauffage se déclenche automatiquement. «A terme, explique Jean-Philippe Encausse, on aimerait que le système puisse apprendre de nos habitudes pour les automatiser, sans plus avoir besoin de les configurer.»

Communauté francophone

La plateforme SARAH compte une communauté francophone très active de plus de 2000 membres qui ont permis de rendre compatibles quelque 200 appareils. «L'idée n'est pas de faire une énième box numérique, commente le nerd français, mais de venir s'intégrer avec les objets connectés existants qui donnent accès à leurs données, pour inventer de nouveaux usages avec la reconnaissance vocale, gestuelle et faciale». Optimisée pour le Kinect de Microsoft, SARAH s'appuie sur les données de microphones, de caméras, de capteurs en tout genre et d'informations mises à disposition par son utilisateur ou disponibles sur le Net. «Elle croise les informations pour enrichir l'expérience utilisateur, inventer des usages et faire bouger le monde de la domotique», précise son père spirituel.

Membre de la famille

Pour l'instant, l'interface vocale est la plus sollicitée. Les interfaces gestuelles liées à la reconnaissance de mouvement doivent être encore peaufinées, pour éviter notamment les faux positifs, soit des interférences avec des gestes ordinaires du quotidien. «On découvre des problèmes d'ergonomie de base», relève Jean-Philippe Encausse. Il songe aussi ajouter un robot de discussion dans son interface. «Mais nous serons encore loin du film Her», prévient-il. SARAH a aussi pour vocation de se connecter aux voitures et à faciliter la vie dans la maison à des personnes dont la mobilité est réduite.

En attendant, les utilisateurs peuvent déjà personnaliser SARAH en la rebaptisant et en choisissant une voix de synthèse pour faciliter son intégration et son adoption au sein de la maison connectée. Pour certains utilisateurs, SARAH est tout simplement devenue une personne de plus dans la famille.