Combat hommes-machine

17 février 2011 08:39; Act: 17.02.2011 08:48 Print

Un IBM sacré champion de Jeopardy!

Un super-ordinateur nommé Watson a remporté la victoire au jeu Jeopardy! face à deux candidats humains.

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La machine a battu deux joueurs lors de Jeopardy! (Photo: Keystone/AP)

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Après la victoire de «Deep Blue» sur Garry Kasparov aux échecs en 1997, un super-ordinateur d'IBM a offert mercredi un nouveau triomphe à l'intelligence artificielle: «Watson» est devenu champion du jeu télévisé Jeopardy! aux Etats-Unis face à deux adversaires humains.

«Je m'incline bien bas devant nos nouveaux maîtres informatiques!», a écrit un des concurrents humains, Ken Jennings (qui détient le record de 74 victoires consécutives à Jeopardy!) sur son écran de jeu à la fin de l'émission retransmise sur la chaîne ABC.

Deux manches sur trois

Sur trois manches, Watson, qui doit son nom au cofondateur d'IBM Thomas Watson, en a gagné deux, notamment grâce à son extrême réactivité lui permettant de déclencher le buzzer bien avant ses adversaires.

Au total, le super-ordinateur a remporté 77'147 dollars, contre 24'000 pour Ken Jennings et 21'000 pour le troisième concurrent, Brad Rutter, ce dernier détenant pourtant le record des gains au cours de l'émission (3,25 millions de dollars).

«Watson est rapide, il connaît un paquet de trucs et il est vraiment capable de dominer un match», remarquait l'animateur de l'émission Alex Trebek avant le début de la troisième manche mercredi.

Système au point

Jeopardy! a fait ses débuts à la télévision américaine en 1964. Le jeu, basé sur la culture générale, a pour particularité de proposer des réponses pour lesquelles les joueurs doivent formuler la question correspondante.

Pour jouer, Watson, qui n'est pas connecté à internet, utilise ce qu'IBM appelle une «technologie de réponse aux questions», pour analyser les problèmes posés, rassembler des indices, les étudier, et ordonner les propositions qui ont le plus de chances d'être les bonnes.

Le système est manifestement au point et Watson a surpris par sa capacité à répondre à des questions parfois davantage liées à l'actualité qu'à une connaissance encyclopédique.

Il a ainsi su répondre «Qu'est-ce que United Airlines?» à l'indice «Près de dix millions de personnes ont vu sur YouTube le clip de Dave Carroll sur cette compagnie aérienne qui détruit les guitares», une mésaventure qu'avait racontée le musicien canadien à l'été 2009.

Erreur commise

Au cours de l'épreuve, Watson a quand même eu ses moments d'égarement. Il s'est notamment trompé en proposant «qu'est-ce que Toronto?» en réponse à deux indices: «son principal aéroport porte le nom d'un héros de la Seconde Guerre mondiale», et «son deuxième aéroport porte le nom d'une bataille de la Seconde Guerre mondiale». La bonne réponse était «Chicago».

Watson devrait recevoir un million de dollars pour sa victoire, Ken Jennings 300.000 dollars et Brad Rutter 200.000 dollars. IBM a annoncé qu'il offrirait l'intégralité de ses gains à des oeuvres, MM. Jennings et Rutter prévoyant d'en donner la moitié.

Loin de l'intelligence humaine

Le succès de Watson est une date historique pour l'intelligence artificielle, a estimé Oren Etzioni, professeur d'informatique à l'Université de Washington.

Mais aussi brillant soit-il, Watson est encore à des années-lumières d'ordinateurs dont l'intelligence rivaliserait avec celle de l'homme, comme Hal, l'ordinateur meurtrier du film culte «2001, l'odysée de l'espace» (Stanley Kubrick, 1968).

De fait: Watson est incapable de penser par lui-même, pas plus qu'il ne comprend vraiment les questions qu'on lui pose, souligne l'universitaire, expliquant que l'ordinateur se sert «de plusieurs combines» et d'algorithmes sophistiqués pour répondre.

«Le jour où les robots nous tiendront en laisse comme des animaux de compagnie est encore très loin», note-t-il.

(afp)