Genève

01 décembre 2011 10:21; Act: 01.12.2011 16:22 Print

Un employé des douanes tombe dans un canular

par Michel Annese/sha - Une fausse alerte à la fraude circulant sur le web a gagné en crédibilité après avoir été enrichie par mégarde de la signature d'un employé d'un département fédéral.

Une faute?

«Cette histoire m'a au moins appris une chose: je ne transférerai plus à l'avenir ce genre d'e-mails», explique Gilles Perrenoud, 53 ans. Ce réviseur aux bureaux de douane de Bardonnex (GE) a cru bon de faire suivre, il y a une quinzaine de jours, un e-mail intitulé «Alerte fraude au 0906», qui lui avait été envoyé par une collègue. Le message explique les modalités d'une prétendue escroquerie: «Une lettre est déposée à votre domicile par la compagnie PDS (Service de livraison de colis), indiquant qu’ils sont dans l’impossibilité de livrer un colis et que vous devez les contacter au: 0906 6611911. N’APPELEZ PAS ce numéro, car il s’agit d'une arnaque émise depuis le Belize. Si vous appelez ce numéro et que vous commencez à entendre le message enregistré, vous serez immédiatement facturé de 315 £ pour l'appel téléphonique!!!»

Or, comme il l'apprendra plus tard, ce message n'est qu'un hoax circulant sur la Toile. Il a pour seul but de polluer les boîtes électroniques. Pour preuve, le numéro de téléphone en question n'est d'ailleurs plus actif depuis 2005.

Signature officielle

Mais, comme beaucoup d'autres internautes, l'employé des douanes n'en a pas connaissance. Le hic: en transférant le courrier électronique à l'interne, il a apposé sa signature professionnelle et ses coordonnées au bas du message. Ce dernier a ensuite quitté le cadre professionnel et s'est retrouvé publié sur des blogs et des réseaux sociaux. Émanant du «Département fédéral des finances» et de l'«Administration fédérale des douanes», l'alerte a soudainement gagné encore plus en crédibilité.

«Ça partait d'une bonne intention, mais maintenant, c'est à moi qu'on téléphone. J'ai reçu plus d'une dizaine d'appels pour obtenir des renseignements, ainsi que des e-mails auxquels j'ai répondu en partie. C'est comme ça que j'ai compris qu'il s'agissait d'un canular», explique-t-il néanmoins avec le sourire. «Si ça n'avait pas été en période de Noël, le message n'aurait pas pris la même ampleur», fait-il enfin remarquer.

«Le collaborateur qui a transmis ce hoax n'avait pas à le faire avec la signature des gardes-frontière. Il risque un blâme, voire le licenciement», réagit Michel Bachar, porte-parole des garde-frontières. «Les infos officielles passent toujours par le porte-parole qui les vérifie avant de les valider».