Louis Delort

26 juin 2013 22:28; Act: 30.06.2013 07:28 Print

«1789» est une grosse chance dans une carrière»

par Fabien Eckert - «1789 Les Amants de la Bastille» s’arrête à l’Arena de Genève jusqu'au dimanche 30 juin 2013. Rencontre avec Louis Delort, un des acteur-chanteurs de cette comédie musicale.

Une faute?

Le jeune homme de 19 ans voit ce spectacle comme un tremplin dans sa jeune carrière. Conscient d’être chanceux, il regarde aussi vers l’avenir.

Pas d’appréhension quand vous avez signé sur cette grosse production?
Après avoir participé à The Voice, «1789» est une grosse chance dans une carrière. Ça ne se rate pas. Et quand j’ai accepté, j’avais tellement hâte de voir à quoi allait ressembler le spectacle une fois monté.

Quel est votre rôle?
Je joue Ronan, un jeune paysan révolutionnaire et révolté. On lui a tout pris. Il va donc essayer de récupérer ses biens.

Avez-vous aussi un côté révolté dans votre personnalité?
Tant qu’on ne m’attaque pas je suis cool. Après, bien sûr que je vois des choses dans la vie de tous les jours qui ne me laissent pas indifférent. Mais malheureusement, on ne peut pas tout faire.

Difficile d’être un chanteur tout en faisant la comédie?
Ce sont deux métiers différent. Vu qu’on est une troupe et non seul, on a plus de pression sur les épaules. Si on foire, tout le monde se retrouve dans la merde. Il faut donc faire attention à ça et toujours rester très concentré.

Comment se prépare un rôle comme celui-ci qui mélange chant et comédie?
On travaille dur deux mois avant la première représentation. Des coachs de théâtre nous épaulent. On a chacun progressé à notre rythme dans notre domaine. Ça a été long mais surtout très instructif.

Avez-vous un truc avant de grimper sur scène?
Non, je suis toujours en retard. Cinq minutes avant le début, je ne suis pas coiffé ni maquillé ni même habillé. Je ne suis pas à fond sur l’heure.

Le thème, la Révolution, ça vous parle?
Je m’intéresse à toute l’histoire de France dans son ensemble. Il y a des moments plus ou moins beaux. La Révolution, c’est peut-être un des rares moments où on a senti un tel élan de solidarité. Il a permis au peuple d’obtenir ce qu’il voulait pour le bien de tous.

Vous êtes toujours toute la troupe ensemble. Comment vivez-vous cette promiscuité?
C’est comme si on était chez soi, en famille. Le spectacle a lieu souvent les week-ends. Donc la semaine, on peut généralement rentrer chez nous. Donc on est pas tous les jours ensemble. Après, je pense que chacun est assez intelligent pour laisser de l’espace pour les autres.

Jamais d’embrouilles entre vous?
Ça peut arriver. La plupart du temps, elles sont liées à la fatigue. Mais ce n’est jamais rien de grave.

Des artistes tombent dans l’oubli après un spectacle...
Ces artistes ont peut-être été oubliés parce qu’ils n’ont rien sortis après ou qu’ils ne voulaient plus faire de musique. Ce qui n’est pas mon cas. Mon album sortira en septembre. Il ne faut pas aussi que le spectacle nous colle trop à la peau. Il doit rester une étape dans le parcours et non le parcours lui-même. On doit pouvoir construire autour.


GROSSE ÉQUIPE, ÉNORME BUDGET

Michael Drieberg, directeur de Live Music Production, a organisé la venue de «1789» à Genève. Une super prod’ qui a un coût: «Avant même d’avoir vendu un seul billet, ce spectacle a coûté 14 millions de francs à ses producteurs. Avant la première, cela a représenté deux ans de boulot pour une centaine de personnes qui ont travaillé sur les décors ou sur les costumes, faits sur mesure.» Rapport aux succès des comédies musicales, Drieberg les trouve justifiés: «Il n'y a pas qu’un chanteur mais plusieurs. Il y a une histoire, un fond. Il y a aussi de la danse, du théâtre, des costumes et des magnifiques décors. Aujourd’hui, les gens veulent plus qu’une personne seule sur scène pour le prix de leur billet.»

«1789 Les Amants de la Bastille»
Jusqu’au dimanche 30 juin 2013, Arena, Genève. Horaires, infos et billets: www.livemusic.ch