Caprices Festival

14 mars 2013 22:50; Act: 15.03.2013 00:31 Print

Mika: «J’ai aussi essayé la pipe»

par Julien Delafontaine - Le chanteur Mika est la tête d'affiche du festival valaisan le 15 mars 2013. Quelques heures avant de monter sur scène, il se livre sans détour.

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Mika «Relax, Take It Easy»

Mika, à Caprices vous donnerez votre premier concert de l’année...
Je me réjouis. Je vais proposer un mélange de mes trois disques et des surprises. Depuis quelques mois je suis en studio, alors je vais chanter des nouveautés. Comme par exemple une chanson que j’ai composée pour un film américain.

C’est important d’essayer des titres en public avant de les enregistrer sur album?
Je le fais toujours mais ça reste un exercice périlleux. La dernière fois que je suis venu en Suisse, j’ai par exemple testé deux chansons en français que j’ai mis sur mon dernier album «The Origin of Love». La première, c’était «Karen». La seconde c’était «Elle me dit». La réaction du public pour «Karen» a été superbe. Pour «Elle me dit» ce n’était pas très bien. Pour dire la vérité, c’était même la catastrophe. Je me suis dit oh merde... et maintenant «Elle me dit» fonctionne super bien en radio. Il ne faut pas attacher trop d’importance aux réactions immédiates. Bon si c’est à chaque fois le bide, tu peux te mettre à douter quand même...
Mika «Elle me dit»

On vous a déjà vu souvent en Suisse. Est-ce que vous en tenez compte quand vous composez votre setlist?
Bien sûr. Cela doit être à chaque fois différent pour le public. Le spectacle doit évoluer. La mise en scène surtout mais également l’interprétation des morceaux. A Crans-Montana, je viendrai par exemple avec des nouveaux musiciens. Ce que je recherche c’est que mes titres, même mes anciens, sonnent frais. Pour cela, on les réinvente régulièrement pour le live.

Sur votre dernier album, «The Origin of Love», vous chanter des titres en français. Cette langue vous plait?
Énormément. La chanson française fait partie de ma vie, de mon éducation. Même si je ne l’ai jamais étudiée. La chanson française est fabuleuse car elle te permet de t’exprimer de façon poétique et en plus il y a pratiquement toujours de la mélodie. Prends Gainsbourg par exemple. Il ne chante pas vraiment, il récite. Mais toujours sur des très belles mélodies. Tu peux chanter «La Javanaise» à l'opéra, cela fonctionne aussi. La raison de mon succès en France et dans les pays limitrophes c’est sûrement car je chante en anglais sur des mélodies à la française. Dans le nord de l’Europe, le public comprend moins ma musique.

Votre dernier album est justement plus mélodique que les précédents...
J’ai essayé de faire des titres que l’on peut écouter cinq ou six fois et découvrir à chaque fois de nouvelles choses. Leurs particularités c’est que tu peux chanter bon nombre de ses partitions, de guitare et de violon notamment. Dans ma tête, je voulais un résultat symphonique. Même si les titres sonnent classique ou électronique.

Beaucoup de ces titres parlent d’amour. C’est facile de les chanter en public?
Je pense que c’est bien plus facile de chanter l’amour sur scène que de parler amour avec une seule personne.

Quand vous enchainez les concerts, faites-vous attention à votre voix?
Je dois avoir beaucoup de discipline. Ce qui n’est pas facile pour moi car j’adore le vin rouge. Je ne fume pas de cigarettes, c’est déjà ça. Par contre j’aime bien les cigarillos. Quand j’écris j’en fume beaucoup. Ça m’aide à penser. J’ai aussi essayé la pipe. Mais mon entourage m’a dit que cela ne m’allait pas pas. Alors j’ai arrêté malgré que je trouve l’engin super beau.

Vous allez prochainement donner des concerts aux États-Unis. Une première...
C’est un truc de dingue. Les billets se sont vendus en 20 minutes pour toutes mes dates. C’est vraiment étonnant car là-bas je ne suis pas du tout diffusé en radio. Donc cela veut dire que je peux aller faire des scènes de 1000 personnes tout autour des États-Unis sans aucune promotion ni presse. Juste avec un tweet. Je suis très excité car ma carrière est très lente là-bas. Mes titres sont beaucoup utilisés au cinéma ou à la TV. Mais pas à la radio... Ma tournée va peut être leur mettre la puce à l’oreille.

Comment expliquez-vous ce silence radiophonique?
En fait même ici, je n’ai jamais pensé à la radio. Souvent quand je dis quels titres j’ai envie que les radios diffusent mon entourage ne me comprend pas. Mais je persiste car je suis convaincu au contraire que l’originalité c’est ce qui fonctionne. J’adore prendre des risques...

C’est le secret de votre succès?
Le secret de mon succès ce sont mes défaites. J’ai eu des hauts mais surtout beaucoup de bas. Ma musique, c’est de l’expérimentation. Quand j’écris, je me demande toujours si je serai fier de ce que j’ai fait dans dix ans. C’est pour cela que je n’ai pas eu une carrière conventionnelle.

Tout autre chose. Il se dit que vous collectionnez les petites cuillères d’hôtel. C’est vrai?
Vous savez ça! Oui c’est vrai, j’adore repartir avec les petites cuillères des hôtels. Celui qui a les meilleurs, c’est le Carlyle Hotel de Manhattan. C’est l’hôtel où Woody Allen joue avec son groupe chaque semaine. Il est très ancien, même pourri par endroit, mais ses petites cuillères sont excellentes. J’en ai quatre. Celles du George V à Paris sont pas mal non plus mais l’établissement n’aime pas quand je les lui pique. Mais au prix de la chambre, c’est comme un petit cadeau, non?

Mika «Lollipop»