Louisahhh!!!

10 juillet 2014 06:00; Act: 10.07.2014 12:43 Print

«Ça rend humble d'être invité au Jazz»

par Fabien Eckert - Louisahhh!!! a joué au Studio du Montreux Jazz dans la nuit du mercredi 9 au jeudi 10 juillet 2014. Cette date représentait beaucoup pour elle.

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La trentenaire est signée sur le célèbre label Bromance. (Photo: E. Traoré)

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La New-Yorkaise détonne dans la musique électronique. La trentenaire, signée sur Bromance, cite Patti Smith dans ses influences et n’a rien contre l’EDM.

Vous êtes sur un label français et vous co-produisez énormément de titres avec le Nantais Malstrom. Qu’est-ce qui vous plaît tant dans le son français?
En ce moment, ce que les Français produisent est très frais. Le son berlinois, c’est fini. L’avenir de notre musique c’est en France que je le vois. Je ne comprenais pas vraiment l’évolution du son français jusqu’à l’année dernière quand je suis allée à la soirée des 10 ans du label Ed Banger. C’était génial de voir la généalogie, des pionniers en passant par Daft Punk à ce qui se fait de plus pointu aujourd’hui.

Avantage ou inconvénient d’être une femme dans ce milieu rempli d’hommes?
C’est une des questions à laquelle je réponds le plus. Je me suis souvent demandé quel était mon rôle au milieu de tous ces mecs. La réponse la plus convaincante que j’ai trouvé est que je suis une artiste tout comme eux. Je n’ai rien à prouver à personne.

Vous citez Patti Smith dans vos influences. Pourquoi?
J’aime sa perception de la femme artiste. Pour moi, c’est la reine des guerrières. J’aime son inépuisable énergie. J’essaie de m’en nourrir et de l’injecter dans mes sets.

Comment jugez-vous l’explosion de la scène EDM vous qui jouez de la tech-minimale et underground?
J’ai beaucoup d’amis qui font de l’EDM. J’aime débattre avec eux de la différence entre nos deux milieux. Je ne serai jamais la personne qui déteste un autre style. C’est juste quelque chose qui ne me touche pas. Il y a de toute façon de la place pour tout le monde. Grâce à l’EDM, l’underground est devenu une sous-culture. Ce concept me plaît bien. Les freaks comme nous, qui veulent quelque chose de différent, trouveront leur bonheur dans notre musique.

Quel est votre rapport à la scène?
C’est très important de raconter des histoires et de faire passer des émotions dans mes sets. En festival, tu dois être très démonstratif. Après, il faut être attentif au public. Si tu joues très dark et que lui veut juste s’éclater sans se prendre la tête, ça ne va pas le faire.

Difficile d’être continuellement en tournée et d'aligner les nuits blanches?
Je ne bois jamais. Du coup, ma tolérance est de 4 heures du matin maximum. Après, je ne m’amuse plus du tout et je veux juste rentrer à la maison. De toute manière, c’est bien de prendre soin de soi-même et de se mettre des limites. Ainsi, tu te montres toujours sous ton meilleur jour. Et tu sais, être en tournée était mon rêve de gosse alors je ne vais vraiment pas me plaindre. En plus, je gagne de l’argent avec ça!

Parlez-nous de votre venue au Montreux Jazz...
C’est un festival légendaire. Je n’arrive pas à réaliser que j’y ai joué. Cela rend humble de s’être produit ici. Mon père bossait dans l’industrie musicale. Il m’a toujours parlé de Montreux et des instants importants pour la musique qui se sont déroulés ici.
Louisahhh!!! - In my Veins