22e Rock Oz’Arènes

14 août 2013 10:19; Act: 14.08.2013 10:20 Print

Cali: «J’ai toujours le trac»

par Julien Delafontaine - Le chanteur français ouvrira les festivités sur la Grande Scène du festival avenchois le mercredi 14 août 2013. Il se réjouit de rallier le public à sa tribu.

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L’artiste, 45 ans, avoue s’être déjà fait plusieurs claquages musculaires lors de ses concerts. (Photo: dr)

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Cali en concert à Paléo «Elle m'a dit»

Cali, connaissez-vous Rock Oz’Arènes?
Je ne connais pas. Mais j’ai un ami proche en Suisse qui est allé prendre une photo depuis la scène et qui me l’a envoyée. Il était placé derrière le micro. Ce que j’ai découvert est magnifique!

Êtes-vous sensible au cadre dans lequel vous vous produisez?
Beaucoup. On a la chance d’avoir un métier, ou plutôt d’exercer une passion, qui nous permet de voyager. Quand on arrive dans un endroit, j’adore regarder et fureter, le lieu, la scène, les alentours. C’est vraiment génial de découvrir de nouveaux endroits.

Préférez-vous vous produire en salle ou en festival?
J’adore les deux mais c’est différent. En salle, les gens viennent nous voir spécialement pour un concert qui peut durer jusqu’à 3 heures. On a en face de nous une tribu Cali. Quand on joue en plein air, on est confronté à un public qui n’est pas spécialement là pour nous. On doit donc planter un drapeau et dire aux gens qu’à la fin, le but du jeu, c’est qu’ils fassent partie de la tribu Cali. C’est un vrai défi.

N’est-ce pas une contrainte de devoir en festival chanter que vos tubes?
Oh non, ce n’est pas une contrainte. Pour moi le mot festival équivaut au mot fête. Et pour que la fête soit belle, elle doit l’être pour tout le monde. Y compris pour ceux qui n’ont jamais acheté mes albums et qui ont juste entendu mes chansons à la radio.

Éprouvez-vous encore du trac avant de vous produire?
J’ai toujours le trac. Ce qui me plaît, c’est de voir évoluer une journée. On arrive le matin, on est fatigué et plus le concert approche plus je me demande «wouah qu’est que je fais là? Est-ce que ça va le faire?». Puis, on se rassure avec mes musiciens en se disant: «On a bien travaillé, on ne peut rien se reprocher, si on se trompe ce n’est pas grave.»

Vous avez un rituel avant de monter sur scène?
Je fais des échauffements un peu spéciaux que j’ai appris au rugby. C’est important que je chauffe mon corps, surtout à mon âge, car je me suis déjà fait plusieurs claquages musculaires et je me suis cassé pas mal de choses en faisant le fou sur scène. Après, on se sert dans les bras avec les copains musiciens et on se dit: «Maintenant place à la déconne. Celui qui fait le plus le con a gagné.»

Vous donnez un nombre incroyable de concerts. Qu’est-ce qui vous pousse à être autant sur la route?
J’ai eu deux vies avant celle qui est mienne maintenant. J’ai été rugbyman et artiste pour les bals de village. Les bals de village, c’est magnifique mais c’est compliqué. Il faut monter soi-même son matériel durant 5 heures, se produire devant un public qui ne t’écoute pas forcément puis tout démonter durant la nuit et recommencer dans un autre village quelques heures après. Aujourd’hui je fais le même métier mais tout est préparé, calculé et prémâché. On arrive et on a plus qu’à penser à notre musique et à la joie d’être sur scène. Donc, je prends un plaisir fou à vivre ça dans ces conditions et je mesure bien la chance que j’ai. Voilà pourquoi j’enchaîne les dates avec énormément plaisir.

Sur scène vous êtes très complice avec vos musiciens...
C’est une vraie famille. Mon pianiste est là depuis le début et les autres musiciens je les connais depuis toujours. Ce qui me plait, c’est que je n’ai jamais joué avec des mercenaires. Les gens qui jouent avec moi font partie du groupe Cali. Après les concerts, on fait un peu la fête mais surtout on parle sans langue de bois pour essayer d’améliorer toutes les choses qui peuvent l’être.

Malgré votre succès, vous semblez ne pas avoir pris la grosse tête...
Vous savez, je vis dans un petit village près de Perpignan. Pour ses habitants ou son boucher, je suis quelqu’un comme les autres. On ne parle jamais de ma carrière. Je vais chercher ma fille à l’école et on fait des fêtes avec les voisins comme tout le monde. La distance avec les autres, c’est le chanteur qui la crée tout seul. Regarde, j’ai eu l’occasion de rencontrer U2. Malgré le succès mondial qu’ils connait, les membres du groupe sont restés d’une simplicité incroyable avec famille et enfants. C’est un exemple.

Gardez-vous un bon souvenir de vos passages en Suisse?
Le Paléo, il y a quelques années. Son cadre et son ambiance m’ont bluffé. Je ne peux pas l’oublier encore moins que le lendemain il m’est arrivé quelque chose de très fort au festival des Vieilles Charrues à Carhaix en Bretagne. A la fin de mon concert, pris par l’émotion, je me suis écroulé sur scène en pleurs. C’est Patti Smith qui m’a relevé. Elle a dégrafé l’un de ses badges et me l’a offert. Après cette épisode, je me suis dit «tout peut s’arrêter là, j’ai vécu ça...»

Cali en concert: Grande Scène, mercredi 14 août 2013 à 19h15.
Cali en concert aux Eurockéennes «1000 coeurs debout»

Mercredi 14 août 2013 (complet)
18h30 Sébastien Peiry
19h15 Cali
20h15 Carrousel
21h Michel Sardou
23h Tafta

Rock Oz’Arènes
Du 14 au 17 août 2013, Avenches. Info: www.rockozarenes.com