Nili Hadida

24 décembre 2018 14:21; Act: 24.12.2018 14:21 Print

«Je n'ai plus un sou, mais je suis heureuse»

par Julien Delafontaine - La chanteuse de Lilly Wood And The Prick a profité de son passage à Lausanne pour évoquer «Nili Hadida», album solo qu'elle a financé de sa poche.

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La chanteuse qui réside en France était dans la capitale olympique le 20 décembre 2018 pour participer à l'opération Coeur à Coeur . (Photo: Francois Melillo)

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Le duo Lilly Wood And The Prick c'est, depuis 2006, trois albums, des centaines de concerts, une Victoire de la musique et un megatube international: le remix par Robin Schulz de «Prayer in C». Un joli palmarès qui va en rester là, pour l'instant en tout cas. «Pendant 12 ans, on a vécu tellement de choses avec Lilly Wood. On a été tellement loin, que l'on a éprouvé avec Ben le besoin de faire une pause pour digérer tout ce qui nous est arrivé», explique Nili Hadida.

Ce break a été l'occasion pour la chanteuse de réaliser l'un de ses rêves: concevoir un album solo. «Comme j'adore bosser en autarcie, je me suis isolée dans la nature ou dans la forêt pour l'écrire. J'étais vraiment seule au monde. Ça n'a pas été facile tous les jours, confie-t-elle. En plus je n'avais aucune idée de ce que je voulais faire. Ce disque a d'ailleurs eu musicalement plusieurs identités avant de finir comme il est. On a frôlé des catastrophes, je suis même partie, à un moment donné, dans un délire de musique rock de film d'horreur des années 1960», se souvient l'artiste franco-israélienne.

La couleur pop-soul de «Nili Hadida», la trentenaire la doit au duo de producteurs de Chicago Christian Rich et à l'arrangeur Jimmy Douglas, basé lui à Los Angeles. Ces trois personnes sont des génies du son qui ont notamment travaillé pour Drake ou encore Timbaland. «Ils ne m'ont pas coûté très cher. Ces mecs n'ont pas besoin de thune, ils sont blindés. Avant de mixer mon album, Christian Rich bossait sur le «4:44» de Jay Z, c'est pour dire. Je pense que s'ils ont accepté de se pencher sur mon disque c'est avant tout pour le kiff et sans doute aussi un peu parce qu'ils ont été touchés par le fait que c'est moi qui les payait de ma poche. Reste que je suis consciente d'avoir eu beaucoup, beaucoup, beaucoup de chance», livre la souriante et attachante noiraude.

Si Nili Hadida a entièrement financé la conception de son disque, c'est pour avoir une liberté totale de le créer comme bon lui semble. «Jamais une maison de disques n'aurait par exemple accepté que je me la joue Polnareff pour composer quatre titres», se marre-t-elle. Ses morceaux «Frank», «401», «This Way» et «It's me» sont nés dans un hôtel cinq étoiles situé dans la forêt de Chantilly, dans le Nord de Paris. Un luxueux caprice qu'elle ne regrette pas: «J'y ai habité un mois. J'ai loué une suite, que j'ai vidée pour y monter un studio. Ça m'a coûté une blinde. D'ailleurs, là, je n'ai plus un sou. Ce n'est pas grave parce que je suis heureuse et fière du résultat même si ce disque peut être déstabilisant et qu'il faut l'écouter deux fois pour le comprendre».

Son proche avenir, la musicienne le voit sur scène. «On a déjà réarrangé tous les morceaux de «Nili Hadida» pour le tourner avec une formation de cinq cuivres. L'idée c'est de balancer les beats et les synthés depuis des bandes et d'avoir par-dessus un mur de cuivres. On a déjà testé une fois la formule et cela sonne superfrais et supermoderne», se réjouit Nili Hadida.