Phanee de Pool

18 septembre 2017 16:10; Act: 18.09.2017 16:17 Print

«Pool, c'est aussi un clin d'oeil à mon job de poulet»

par Julien Delafontaine - Phanee de Pool a utilisé la chanson comme exutoire à son quotidien, pas rose tous les jours. Son album, «Hologramme», est dans les bacs.

Une faute?

Les onze morceaux en français d'«Hologramme», premier album de l'artiste bernoise de 28 ans, sont souvent drôles, parfois touchants, toujours décalés. Rencontre avec cette jongleuse de mots qui définit son style comme du slap, mélange de slam et de rap.

Phanee de Pool, il y a quelques années, vous portiez un autre nom de scène.
J'ai tourné trois ans en trio avec mon vrai nom Fanny Diercksen. Comme la chanson ne me faisait pas du tout vivre, j'ai décidé en 2011 d'acheter mon indépendance. J'ai laissé tomber la musique et suis rentrée, sur un coup de tête, à l'école de police.

A quel moment avez-vous eu envie de revenir à la musique?
Le 11 septembre 2016. J'étais en congé. La TV montrait des reportages sur le World Trade Center. Je me suis dit: «Non. Je passe déjà ma vie en tant que policière à porter les problèmes des gens, je ne vais pas encore m'infliger ces images d'horreur.» J'ai résilié mon abo télé et j'ai écrit une chanson.

Quelle était-elle?
«Luis Mariano». En deux heures, elle était terminée. Je l'ai enregistrée et l'ai publiée sur Mx3. Le lendemain, je n'y croyais pas, elle avait été écoutée 1000 fois. Cela m'a donné envie de continuer. Phanee de Pool était née.

Pourquoi ce nom?
J'aime bien ce jeu de mot. En plus, Pool à l'envers, ça donne loop, et je bosse sur scène avec un looper. C'est aussi un clin d'oeil à mon job de poulet. Et un pseudo qui est visuellement anglophone mais qui sonne francophone, c'est classe, non?

Qu'est-ce qui vous inspire?
Tout, sauf la politique, tant que je peux le raconter avec un regard d'enfant. Sinon, je n'ai pas besoin d'une boisson ou d'une position précise pour trouver l'inspiration. Comme une gastro, elle me tombe dessus comme ça et souvent au mauvais moment.