Michael Kiwanuka

13 novembre 2019 20:30; Act: 13.11.2019 20:30 Print

Il s'affirme désormais en lettres capitales

par Fabien Eckert - Le troisième disque du soulman Michael Kiwanuka est encensé. Une revanche pour lui qui a bataillé afin que l'on écrive son nom correctement.

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Le chanteur est actuellement en tournée mondiale. (Photo: F. Melillo)

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«Un des meilleurs albums de la décennie», «Un chef-d'oeuvre qui définit une carrière»: c'est par ces titres élogieux que «The Guardian» et «Q» ont résumé «KIWANUKA». Ce n'est pas un hasard si Michael a baptisé son troisième disque de son nom de famille, hérité de ses parents d'origine ougandaise.

«À mes débuts, personne n'arrivait à écrire mon nom. Kiwaninooko, Keenawooka, Kawaski. Il y avait de tout, sauf Kiwanuka. Même une fois dans ma loge, mon nom était écrit faux», s'est rappelé pour la BBC le lauréat de Sound Of 2012, prestigieux tremplin musical britannique qui a notamment révélé Adele. À l'aube de sa carrière, on lui avait même fortement suggéré de changer de patronyme. Pas l'idéal pour la confiance en soi, surtout quand on est un artiste, sensible et parfois torturé, sujet au «syndrome de l'imposteur»: «J'attendais que quelqu'un vienne me dire: «Je t'ai écouté. Tu n'es pas si bon. Tu ne vas pas durer, tout va s'effondrer.» Ces incertitudes permanentes ont en partie nourri son album. Elles ont aussi failli le couler. «Mes autocritiques ont fini par me fatiguer et, il y a un an et demi, j'ai décidé d'arrêter de trop réfléchir», a résumé le soulman à la voix chaude, dont le style est souvent comparé à celui d'Otis Redding.

Kiwanuka, qui est par ailleurs un habitué du Montreux Jazz Festival depuis qu'il avait tapé dans l'oreille de feu Claude Nobs en 2012, s'écrit désormais en lettres capitales, comme sur la pochette de son disque. «À travers ce titre, j'affirme maintenant mon identité», a asséné le Britannique de 32 ans, comme pour se rappeler tous les écueils qu'il a réussi à surmonter.