Adelina Ismaili

08 décembre 2011 10:13; Act: 08.12.2011 19:48 Print

La diva des Balkans séduit les Suisses

par Ludovic Jaccard - Considérée comme une star sulfureuse dans son pays, Adelina Ismaili se lance à la conquête de l'Helvétie avec son single en duo avec Faudel. Confidences...

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Adelina Ismaili vient de lancer son premier single en Suisse, «I love you more», en duo avec Faudel. Après avoir sorti 11 albums qui ont cartonné en Europe de l’est, l’artiste albanaise, originaire du Kosovo, travaille aujourd’hui sur son premier opus international avec le compositeur français Frédéric Château. Très influente dans son pays, Adelina est connue pour son tempérament de feu et ses prises de positions sur des sujets tabous tels que l’émancipation des femmes, le soutien à la cause des homosexuels et la tolérance interreligieuse et interculturelle. La chanteuse de 31 ans se produira en concert, en Suisse, dès 2012. Elle s'est confiée à «20 minutes».

Quel a été le rôle de la Suisse dans votre carrière?
Elle a eu un grand rôle. J’ai eu mes premiers contacts avec ce pays dès l’âge de 15 ans. Sa culture et ses valeurs m’ont beaucoup influencée, spécialement au niveau de la discipline à avoir dans le travail. La première fois que j’ai rencontré des Suisses, c’était en 1989, juste après la fin du communisme en Albanie. DJ Bobo a été la première star internationale à venir visiter notre pays. J’ai chanté avec lui, lors d’un concert à Tirana pour une organisation humanitaire. J’ai également travaillé avec le Dj suisse Mr Pink. On a repris une vieille chanson traditionnelle albanaise qu’on remixée sous forme d’electro house. Elle a eu beaucoup de succès. Je peux donc dire que la Suisse est ma seconde maison en ce qui concerne ma carrière. Je connais bien Zurich, Lausanne, Genève...

Vous êtes célèbre en Europe de l’est pour avoir brisé plusieurs tabous.
En effet, mes objectifs sont clairs à ce sujet: je vis pour m’exprimer. Dans mes chansons, j’aborde des sujets «interdits» par des lois implicites dans mon pays. Il y a beaucoup de combats à mener en Albanie. C’est difficile, mais quelqu’un doit le faire. Parce que battre sa femme peut sembler normal pour certains Albanais. Mais par contre, on considère qu’il n’est pas normal d’être gay, alors qu’il n’y a rien de mal à ça. Il y a plein de paradoxes et d’injustices que je veux dénoncer. Bien sûr, j’ai été critiquée à cause de mes prises de positions, et je le suis encore, mais je m’en fiche. Je continuerai à le faire car il y a trop de gens qui souffrent. Et peut-être que je suis la seule voix qui peut faire changer les choses.

Vos shows sont très appréciés par la communauté albanaise. Pourquoi?
Parce que j’ose exprimer ce qu’ils n’osent pas dire. Je fais ce qu’ils aimeraient faire. Je représente pour eux la liberté par rapport aux textes de mes chansons. Je danse aussi beaucoup sur scène. En m’écoutant, mes fans me disent qu’il se sentent libres de faire ce qu’ils veulent. Mais attention, je ne parle pas d’anarchie, je parle de liberté!

Vous considérez-vous comme une Madonna des Balkans?
Je ne suis pas blonde (rires). Non, je pense que nous sommes différentes. Elle est américaine et moi albanaise. Nous nous adressons à des mentalités différentes et je me bats pour d’autres causes.

Vous avez chanté avec deux artistes suisses, DJ Bobo et Mr Pink. Allez-vous encore collaborer avec eux?
Oui, bien sûr! Quand j’aime le travail d’un artiste et que cela peut correspondre avec ce que je fais, je vais tout faire pour travailler avec cette personne.

Vous venez de sortir un single en duo avec Faudel, «I love you more». Comment s’est passée cette collaboration?
Faudel a très bien fait sa part de travail. Mais pour être honnête, j’ai été particulièrement impressionnée par le compositeur de cette chanson, Frédéric Château. C’est lui qui a mené à bien ce projet. Je lui suis très reconnaissante et je souhaite vraiment continuer à collaborer avec lui. Il a travaillé avec Hélène Ségara , David Hallyday, Jane Birkin, Yannick Noah et Lorie, je suis donc très flattée.

Quel est le message du titre «I love you more»?
En résumé, je dirais que c’est «réunifier le monde». Le fait de prendre soin des autres comme on le fait avec soi-même. Traiter tout le monde d’égal à égal. Et peut-être qu’on trouvera enfin la paix sur cette terre.

Comment s’est passé le tournage de cette vidéo, à Paris?
Ca s’est passé «à la française»: beaucoup de stress et de travail, mais aussi de nombreux moment de rires et de joie. C’était super. C’était une toute nouvelle expérience pour moi. On a tourné pendant trois jours. J’ai découvert une nouvelle manière de travailler, une mentalité différente. Par exemple, en Suisse, j’ai appris la discipline du travail, à rester calme dans les moments stressants. En France, c’était très différent: l’équipe du tournage était stressée, mais joyeuse malgré tout. J’ai été très surprise de constater à quel point j’ai aimé vivre cela.

Vous avez déjà un certain succès en Suisse alémanique. Comment le vivez-vous?
J’en suis très heureuse et flattée. J’ai cette chance et je veux tout faire pour ne jamais la perdre.

Allez-vous apprendre le français?
Oui bien sûr! Je parle déjà allemand et maintenant il faut que je commence à apprendre le français, je promets de le faire (rires)!

Regardez le clip d'Adelina, en duo avec Faudel, «I love you more»: