Jugement

08 mai 2012 08:27; Act: 08.05.2012 08:45 Print

Relaxe requise pour Orelsan après «Sale Pute»

Le rappeur a été jugé à Paris pour les paroles de son titre «Sale Pute». Le Parquet a requis une relaxe. Le verdict sera rendu le 12 juin 2012.

storybild

Aurélien Cotentin, le vrai nom d'Orelsan, était notamment attaqué par l'association «Ni Putes ni Soumises». (Photo: AFP/Valery Hache)

Sur ce sujet
Une faute?

Après la polémique suscitée par son clip vidéo «Sale pute» qui lui avait valu d'être déprogrammé de plusieurs scènes et festivals en 2009, le rappeur Orelsan a défendu lundi 7 mai 2012 la liberté de création devant le tribunal correctionnel de Paris.
Poursuivi pour «provocation au crime» par le mouvement «Ni putes ni soumises», le chanteur âgé de 29 ans, lauréats de deux trophées aux dernières Victoires de la musique, a affirmé que son clip était une «fiction». Le parquet a requis sa relaxe. Le jugement sera rendu le 12 juin.

Les images du clip (à voir ci-dessous), diffusé à l'audience lundi, montrent un jeune homme trompé qui boit et menace son ancienne petite amie de sévices en tous genres, notamment de l'«avorter à l'Opinel». Le tout est entrecoupé de «Je t'aimais et tu m'as trompé». Pour l'artiste, son titre ne contient «aucune provocation» et «aucune incitation» à agresser les femmes. «J'ai fait cette chanson comme j'aurais fait n'importe quelle autre chanson», pour «montrer à quel point, avec la jalousie, on peut devenir un espèce de monstre», a-t-il expliqué à la barre. «Il n'y a aucune violence dans l'image. Je n'ai pas été plus loin que n'importe quelle série sur TF1 où il y a un meurtre direct». Ne craignait-il pas que des jeunes s'inspirent de son texte pour se venger d'un adultère? «Je ne pense pas que les gens soient suffisamment bêtes pour réitérer ce qu'il y a dans une chanson, ou alors c'est qu'ils sont dangereux dès le départ», a estimé Orelsan, de son vrai nom Aurélien Cotentin.

«On a vraiment un appel à la haine, dont malheureusement beaucoup de femmes sont victimes», a répliqué la présidente du mouvement féministe, Asma Guénifi. «On est dans quelque chose de réel (...) Une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son compagnon», a renchéri l'avocate de «Ni putes ni soumises», Me Samia Meghouche, qui réclame l'interdiction de diffuser cette chanson et 30.000 euros de dommages et intérêts. S'il reconnaît que les violences faites aux femmes sont «intolérables», le rappeur a considéré que ce n'était «pas une raison pour interdire chaque oeuvre».

Une position sur laquelle s'est alignée la vice-procureure de la République, Aurore Chauvelot, qui a demandé sa relaxe. «On se trompe d'ennemi», a-t-elle souligné. Rappelant que le rappeur s'exprimait dans le cadre de «sa liberté d'expression», elle a déclaré au tribunal qu'ils n'étaient «pas les juges du bon goût», d'une «éthique» ou de l'«esthétique».

(ap)