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07. Oktober 2019 12:03; Akt: 10.10.2019 09:29 Print

«Des animaux en bonne santé, c'est bon pour tous»

En immersion avec Sarah Balzli, vétérinaire: pourquoi un bœuf malade n’est-il pas abattu et quand peut-on consommer la viande d’un animal qui a subi un traitement? Les réponses ici.

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En visite chez une patiente: Sarah Balzli, vétérinaire pour grands animaux, examine Nevada le lendemain d'une opération réussie de l'estomac. L'animal... ...avait un problème au niveau de l'appareil digestif. Grâce à l'intervention, il n'a plus de trouble à la caillette. Royale ne va pas bien du tout: elle a donné naissance à un veau en bonne santé mais trois jours plus tard, elle souffre d'une forte fièvre. L'animal de 800 kilos... ...se laisse pourtant soigner par Sarah Balzli sans difficulté. «Quand j'étais enfant, je passais beaucoup de temps à la ferme et j'ai toujours voulu devenir vétérinaire pour animaux d'élevage», raconte Sarah Balzli. Le fermier Hans Marolf assiste la vétérinaire. «Tout le monde na pas un aussi bon contact avec les grands animaux que Sarah», déclare-t-il en se réjouissant du prompt rétablissement de sa vache après l'intervention. Chaque intervention est enregistrée. Depuis début octobre, la vétérinaire doit en outre recenser électroniquement toutes les administrations d'antibiotiques. «Je fais ça le soir, une étable n'est pas un lieu pour un ordinateur portable», explique Sarah Balzli. Une profession à vie: la Bernoise soigne des animaux d'élevage depuis 22 ans et dispose de son propre cabinet dans le Seeland bernois depuis quelques années. Contrôle post-partum: la vache Kordula a des problèmes au niveau de l'utérus et reçoit dès lors des soins appropriés ainsi qu'une injection d'hormones naturelles. Une viande de qualité: ce jeune bovin est en bonne santé, comme la plupart des animaux des 26 troupeaux que Sarah Balzli contrôle systématiquement toutes les deux semaines dans le cadre du suivi des élevages. Il refuse de se faire examiner: Taromi, un jeune boeuf wagyu, préfère rester dans l'étable. Grâce à des paroles apaisantes,... ...il ose sortir et s'aventurer dans l'agitation de la ferme située dans le Seeland bernois. L'examen révèle que le veau d'élevage souffre dune pneumonie. La vétérinaire lui injecte dès lors des antibiotiques. «Pour les grands animaux, nous employons régulièrement des classes d'antibiotiques qui ne sont plus utilisées depuis longtemps pour les humains», déclare Sarah Balzli. L'injection n'est pas agréable pour l'animal,... ...mais sa santé passe avant tout. Après le traitement, Taromi peut rejoindre ses congénères. Il fait partie de l'élevage de Sarah Balzli. Les animaux... ...grandissent en stabulation libre et en élevage allaitant. «Ce système réduit le rendement des éleveurs, car ils ne peuvent pas produire de lait. Mais les animaux me donnent moins de travail en tant que vétérinaire», explique Sarah Balzli.

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Lorsque Sarah Balzli entre dans l’étable à Espach, dans le canton de Berne, elle trouve une vache de 800 kilos avec 41 degrés de fièvre. Celle-ci s’appelle Royale, elle a donné naissance à un veau quatre jours plus tôt et elle ne va manifestement pas très bien.

«Le veau est en bonne santé, mais sa mère ne mange pas correctement et est apathique», explique le fermier Hans Marolf. La vétérinaire pour grands animaux effleure doucement le dos de la vache, prononce quelques paroles apaisantes et enfile un gant en plastique jusqu’à l’épaule. Elle se tient derrière l’animal et examine son utérus de l’intérieur.

Le diagnostic est clair: le placenta ne s’est pas détaché complètement, Royale souffre d’une inflammation de l’utérus. Sarah Balzli retire le tissu indésirable et injecte à la vache un anti-inflammatoire ainsi qu’un remède contre la fièvre. L’imposant animal se soumet au traitement calmement.

Les médicaments sont nécessaires

Hans Marolf est soulagé: le test du lait ne révèle aucune augmentation du nombre de bactéries et peu de temps après, Royale recommence à s’alimenter. Elle pourra encore mettre au monde quelques veaux pour la production de viande. Sarah Balzli enregistre le traitement, prend congé et se rend chez le patient suivant.

Au cours de sa tournée dans le Seeland bernois, elle aura recours à des médicaments dans chaque exploitation. Et, entre les traitements, elle parle de façon très directe de ce sujet, qui préoccupe bon nombre de consommateurs. Sarah Balzli comprend leurs inquiétudes, mais pour elle, c’est évident: «Comme pour les humains, les médicaments sauvent la vie de nombreux animaux.» Ils ne sont utilisés qu’en cas de nécessité.

La santé des animaux est importante

La Suisse est très peu touchée par les épizooties hautement contagieuses et le niveau de santé de ses animaux d’élevage est très élevé par rapport à l’étranger. En outre, la viande suisse de la plupart des espèces animales peut être tracée jusqu’aux exploitations de naissance.

L’emploi de médicaments vétérinaires est dû à de multiples causes. Ce matin d’automne, Sarah Balzli administre des antibiotiques et des analgésiques à Nevada, car l’animal a été opéré de la caillette (estomac) la veille.

Plus tard, elle anesthésie un veau nommé Katja pour l’écorner et administre des hormones naturelles à Kordula afin de favoriser la guérison de son utérus après la mise-bas. Elle donne également des antibiotiques et des anti-inflammatoires à un veau wagyu de son propre élevage souffrant d’une pneumonie.

La vétérinaire de 47 ans voit son travail de façon pragmatique. «Des animaux en bonne santé sont dans l’intérêt de tous. En effet, non seulement cela évite des coûts et des pertes aux éleveurs, mais cela leur permet aussi de produire des aliments de meilleure qualité.» C’est pourquoi d’importants investissements ont été consentis dans la santé animale et la prévention des maladies au cours de ces dernières années. «Le fameux «confort de la vache» n’est pas un slogan creux.»

Eviter la souffrance inutile

A l’inverse, Sarah Balzli a également vécu des situations malheureuses. Elle se souvient du cas d’un fermier qui avait laissé souffrir sa vache pendant deux jours malgré une grave inflammation des mamelles, car il refusait catégoriquement qu’elle soit soignée avec des antibiotiques. «C’est tout à fait incompréhensible», s’indigne la vétérinaire. Lorsqu’elle fut enfin avertie, c’était trop tard et l’animal est mort. «Un traitement adéquat aurait évité beaucoup de souffrance à la vache.» Heureusement, au cours de ses 22 ans de carrière en tant que vétérinaire, elle n’a vécu cette situation qu’une seule fois.

Les consommateurs ne savent toujours pas qu’en Suisse, l’utilisation de médicaments pour les animaux d’élevage est strictement réglementée et très limitée. Les hormones et les antibiotiques destinés à augmenter le rendement sont interdits depuis déjà 20 ans.

Les antibiotiques réduits de moitié

L’usage d’antibiotiques en médecine vétérinaire a diminué de plus de la moitié au cours des dix dernières années. Et depuis début octobre, toute utilisation doit être recensée électroniquement.

Les contrôles sont si stricts que Sarah Balzli a entièrement confiance en la qualité de la viande suisse. «Lorsqu’un médicament peut laisser des résidus dans l’animal, cela donne automatiquement lieu à une interdiction du lait ou de la viande.» Au cours de cette période, toute production de l’aliment en question est interdite. En ce qui concerne les veaux, cette mesure peut durer jusqu’à plusieurs semaines.

La vétérinaire est convaincue: «Aucun éleveur ne prend le risque que ses produits soient mis en cause par des contrôles.» En effet, les pertes, les contrôles supplémentaires et les éventuelles amendes coûtent très cher. «De plus, personne ne prend le risque de subir un tel déshonneur.» C’est pour ces raisons qu’elle mange uniquement de la viande suisse.

Sarah Balzli porte un regard critique, mais très positif sur l’avenir. La concurrence dans le secteur agricole s’est intensifiée et les petites exploitations disparaissent. Mais d’après elle, la santé animale est bonne. Et elle croit au potentiel des produits d’excellente qualité des éleveurs suisses sur lequel elle mise aussi personnellement.

Avec son partenaire, elle élève des bœufs de la race wagyu, prisés pour leur viande extrêmement savoureuse. Le travail avec ces animaux exige de la patience. Ceux-ci nécessitent beaucoup de soins et leur croissance prend deux fois plus de temps que pour les autres races. «Nous verrons comment les choses évoluent», déclare Sarah Balzli en nettoyant le lisier collé à ses bottes à l’aide d’un tuyau.