Tuerie de Chevaline

16 septembre 2012 15:19; Act: 16.09.2012 23:40 Print

Un ami proche n'exclut pas un acte du Mossad

Les positions anti-israéliennes de l’ingénieur tué à Chevaline (F) pourraient avoir joué un rôle central dans l'affaire, révèle une de ses connaissances.

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06.03.2015 Le motard aperçu par des témoins sur la scène du quadruple meurtre de Chevaline, près d'Annecy, a été identifié. Il n'est pas impliqué dans la tuerie, a révélé France info. 03.06.2014 Le corps d'un ancien légionnaire, qui avait été entendu en 2013 dans le cadre de l'enquête sur la tuerie de Chevaline, a été découvert sans vie à son domicile d'Ugine, en Savoie. Il pourrait s'agir d'un suicide. Les gendarmes ont mené de longues investigations à son domicile, mardi. 21.02 Le procureur Eric Maillaud a annoncé vendredi matin la levée de la garde à vue de l'homme interpellé mardi, aucune charge n'ayant été retenue à son encontre dans le cadre de l'enquête sur le quadruple meurtre. L'ex-policier devra pourtant répondre du commerce illicite d'armes mis au jour lors des perquisitions. 18.02 La police française a interpellé mardi matin un homme de 48 ans, domicilié dans un village proche de Chevaline (F), dans le cadre de l'enquête sur quadruple meurtre survenu en septembre 2012. 04.11.2013 Un portrait robot du motard aperçu par des témoins sur la scène du quadruple meurtre de Chevaline près d'Annecy a été diffusé par la police française. 21.10 Un témoin prétend avoir vu la voiture qui serait impliquée dans les meurtres de trois membres de la famille al-Hilli, et d'un cycliste français dans les Alpes en septembre 2012. 06.09.2013 Un an après la tuerie, les enquêteurs français et britanniques ont fait le point sur les avancées de l'enquête. Ils estiment que la piste d'un conflit familial était la plus sérieuse. Soupçonné d'avoir participé à un complot pour commettre un meurtre, Zaïd al-Hilli, le frère du père de famille assassiné a été interpellé le 24 juin 2013. Ci-contre, Saad al-Hilli. 29.03 Le frère d'une des victimes a été réentendu par la police britannique. 27.02.2013 Les policiers enquêtant sur le quadruple meurtre survenu cet été en Haute-Savoie cherchent à récupérer des données comptables aux Etats-Unis. 17.12 La piste du cycliste français, Sylvain Mollier, abattu aux côtés de la famille britannique al-Hilli lors de la tuerie de Chevaline (centre-est) «a été fermée à 99,9% par les enquêteurs». 02.11.2012 Près de deux mois après le drame de Chevaline, les établissements psychiatriques de France voisine, mais aussi de Suisse et d'Italie sont passés au crible par la police à la recherche d'un tireur dérangé. 22.10.2012 Le Parquet d'Annecy a insisté sur le fait que le cycliste français abattu lors de la tuerie de Chevaline, au côté d'un couple britannique d'origine irakienne, restait considéré comme une «victime collatérale», après des informations de presse l'envisageant comme la cible. 20.10 Les conclusions balistiques sur la tuerie de Chevaline qui a fait quatre morts le 5 septembre, indiquent que le cycliste français a été touché par des tirs avant la famille al-Hilli. 10.10 Les gendarmes français ont lancé mardi soir un appel à témoins invitant toute personne «ayant des renseignements complémentaires sur les faits survenus» à se faire connaître. 06.10.2012 Un mois après la tuerie de Chevaline, qui a coûté la vie à la famille al-Hilli, ainsi qu'à un cycliste français, l'enquête se concentre sur la Suisse, où le père possédait un compte. 05.10 Eric Maillaud, procureur d'Annecy, explique que l'enquête n'a pas encore pris de tour décisif. 14.09 La fillette de 7 ans rescapée de la tuerie a quitté l'hôpital de Grenoble et le territoire français. 11.09 Deux magistrats français se rendront en Grande-Bretagne jeudi. 10.09 Des «substances potentiellement explosives» ont semé l'émoi lors d'une perquisition au domicile de Saad al-Hilli. Il s'agissait d'une fausse alerte. 07.09 Le procureur Eric Maillaud a annoncé que la fillette rescapée n'avait rien vu. Sa soeur de 7 ans, blessée, reste le seul témoin clé. 07.09.2012 Les enquêteurs français chargés de la tuerie des Alpes ont entamé vendredi une coopération officielle avec la police britannique afin de tenter d'apporter de premières réponses à un massacre de quatre personnes toujours dominé par le mystère. Le lieu du crime était plutôt connu jusqu'à présent comme le point de départ de balades dans la nature, faciles à faire avec des enfants. A l'intérieur du véhicule de Saad al-Hilli a été découvert son cadavre, celui de sa femme et celui de la mère de cette dernière. Les analyses ADN doivent venir confirmer officiellement les identités. A côté de la voiture gisait un cycliste français, peut-être victime collatérale de ce qui ressemble à une volonté d'exécuter toute une famille. Tous les adultes tués ont reçu plusieurs balles, dont au moins une dans la tête. Né à Bagdad et vivant depuis de longues années en Grande-Bretagne, Saad al-Hilli, 50 ans, était domicilié avec sa femme et ses deux petites filles dans la grande banlieue sud de Londres, dans le comté du Surrey. Un camion transporte la BMW immatriculée en Grande-Bretagne. Le procureur chargé de l'affaire tient une conférence de presse le 6 septembre 2012, le lendemain de la découverte des corps. Eric Maillaud donne à la presse des informations sur le drame. Le drame est survenu à Chevaline, dans un endroit relativement isolé. Les victimes avaient une caravane blanche et une tente rouge. Elles résidaient dans un camping depuis trois jours. La maison des victimes, dans le quartier résidentiel de Claygate, à une trentaine de kilomètres de Londres. La police fouillait les lieux, le jeudi 6 septembre. Le père de famille était consultant dans le domaine aéronautique. Une voiture contenant trois cadavres a été découverte mercredi, stationnée à proximité du lac d'Annecy (France). Un cycliste a été retrouvé abattu à proximité du véhicule. Une fillette est grièvement blessée, une autre a été retrouvée huit heures plus tard dans le véhicule, indemne. Les enquêteurs ont bouclé la route d'accès à la scène du crime, envahie par de nombreux médias. Les gendarmes ont commencé à entendre les témoins potentiels. Le camping Le Solitaire à Saint-Jorioz au bord du lac d'Annecy accueillait la famille britannique depuis quelques jours. Selon des témoins, la famille était discrète et sympathique. Les gendarmes ont inspecté la caravane où était installée la famille. Ils ont également interrogé les habitants du village de Chevaline.

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Saad al-Hilli a-t-il été tué à cause de ses opinions politiques? C’est en tout cas ce que soupçonne l’un de ses amis les plus proches, rapporte le «Daily Mirror». Les deux hommes s’étaient rencontrés en 1993, alors qu’ils travaillaient dans la même entreprise.

Selon cet ami de longue date, l’ingénieur britannique d’origine irakienne nourrissait depuis longtemps de violents ressentiments à l’égard d’Israël: «La chose qui m’a toujours inquiété à son sujet était à quel point il s’emportait au sujet de l’Irak et du conflit israélo-palestinien dans les forums de discussion sur internet», raconte-t-il au quotidien anglais. «Il parlait tout le temps de la façon dont les Israéliens contrôlaient le monde et particulièrement les Etats-Unis.»

D'après les propos de son ex-collègue, Saad al-Hilli était persuadé qu'Israël était à l'origine des attentats du 11 septembre 2001: «Il pensait que c'était une opération secrète menée par les Israéliens pour susciter la haine contre les pays arabes. Après les attentats, son implication dans les forums de discussion est devenue de plus en plus soutenue. Il était très passionné quand il s’agissait de ses opinions. Il pensait que les Juifs ne devaient pas se trouver en Israël. Il estimait que le pays devait être aux mains des Palestiniens.»

Changement d'attitude

L’intérêt de Saad al-Hilli pour la cause arabe aurait pris une nouvelle tournure il y a quelques mois. Selon son ami, il aurait enlevé une photo de sa fille aînée qui lui servait de profil sur Skype pour la remplacer par le cliché d’un dirigeant arabe. En avril, l’ingénieur aurait posté un lien vers un entretien réalisé par Julian Assange avec Hassan Nasrallah, leader du Hezbollah.

«Quand j’ai entendu que Saad et Ikbal avaient été assassinés, ma première pensée a été "Qu’a-t-il dit ? Qu’a-t-il fait ?"», raconte son ami. Celui-ci pense que les services secrets israéliens ont pu suivre de près les opinions tranchées de l'ingénieur sur internet: «C’est possible qu’il ait offensé quelqu’un, que le Mossad en ait pris acte et placé un contrat sur sa tête.»

Toutefois, malgré ses prises de position musclées, Saad al-Hilli ne faisait pas partie de groupes fondamentalistes ou terroristes, selon son ancien collègue: «Je sais que Saad n’était pas un terroriste. Il n’aurait jamais fait la moindre chose qui puisse mettre sa famille en danger. Il n’était pas une personne violente.»

Hypothèses réfutées

L'ami de vingt ans de Saad al-Hilli réfute les hypothèses avancées jusqu’ici dans la presse. Selon lui, un assassinat en lien avec les activités professionnelles du défunt est peu crédible : «Je n’y crois pas. Il n’aurait jamais eu accès à des dossiers sensibles pour la défense en raison de son passé en Irak. Ce n’est certainement pas la cause de sa mort».

L’ex-collègue de l’ingénieur ne croit pas non plus à la piste d’un différend familial: «Sa famille impliquée dans tout ça? Certainement pas. Son frère? Pas du tout.»

Audition

Selon le «Daily Mirror», ce nouveau témoin a été entendu samedi soir par la police du Surrey. Le procureur français en charge de l'enquête, M. Maillaud, avait indiqué mercredi lors d'une conférence de presse que les enquêteurs concentraient leurs efforts sur trois pistes: la piste familiale, la profession du père et l'Irak, pays d'origine des al-Hilli. «Il n'y a pas actuellement de suspect, il y a des pistes», avait-il précisé.

(leo)