Opération Ben Laden

09 mai 2011 22:25; Act: 09.05.2011 22:34 Print

L'hélicoptère «furtif» pas si secret que ça

On ne devrait pas apprendre grand-chose de l'hélicoptère, présenté comme «furtif» par la presse américaine, qui a été détruit lors du raid américain contre la résidence d'Oussama Ben Laden.

Voir le diaporama en grand »

Sur ce sujet
Une faute?

La photo de la queue et du rotor arrière de cet hélicoptère détruit par les Navy Seals après avoir subi un atterrissage brutal et heurté le mur extérieur de la résidence d'Abbottabad, au nord de la capitale pakistanaise, a déclenché une vague de spéculations sur la nature de l'appareil.

Le nombre de pales sur le rotor, la présence d'un disque sur ce rotor, les formes et le revêtement de la queue de l'appareil ont aiguisé la curiosité de la presse et des forums spécialisés américains sur ce qui semblerait être un hélicoptère «furtif», capable de tromper les radars ennemis.

Mais pour Loren Thompson, expert de l'Institut Lexington, un groupe de réflexion financé notamment par l'industrie aéronautique militaire, ce n'est qu'une version modifiée de l'hélicoptère de base des forces américaines.

«L'hélicoptère est un Blackhawk modifié, conçu pour maximiser l'élément de surprise lors d'opérations spéciales», a-t-il affirmé à l'AFP, estimant que les modifications sont vraisemblablement destinées à réduire le bruit, la chaleur et la signature radar émis par l'appareil.

La queue de l'appareil, non détruite par l'explosition, est désormais dans les mains des autorités pakistanaises, qui pourraient être tentées d'en percer les secrets ou de la revendre à un autre pays, comme la Chine.

Techniques «assez bien comprises»

Cela n'aurait que peu de conséquences, a estimé Loren Thompson, les techniques pour rendre «furtifs» les appareils étant «assez bien comprises» dans le monde.

«Les Chinois n'apprendront pas grand chose des restes de l'hélicoptère qui ne soit pas déjà disponible dans la documentation ouverte». a-t-il jugé.

Le Pentagone s'est refusé à tout commentaire, refusant d'indiquer si les Etats-Unis avaient demandé aux autorités pakistanaises à récupérer l'épave.

(afp)