Rubygate

06 février 2011 17:50; Act: 06.02.2011 18:18 Print

Manifestants près de la villa de Berlusconi

Un millier de manifestants se sont rassemblés dimanche après-midi à Arcore en Italie, près de Milan, où se trouve la villa de Silvio Berlusconi.

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Un millier de manifestants ont demandé la démission du chef du gouvernement italien empêtré dans le scandale sexuel Ruby, ont indiqué les médias italiens.

«Démission, démission», ont scandé les manifestants, demandant de pouvoir défiler devant les grilles de la luxueuse villa San Martino. Mais les accès avaient été bloqués par plusieurs dizaines de membres des forces de l'ordre, empêchant la manifestation de perturber la quiétude du «Cavaliere», présent dans sa résidence comme souvent le week-end.

«Les prostituées hors de l'Etat», demandait une banderole. Certains manifestants étaient déguisés en Berlusconi travesti en lapin rose ou avec des menottes.

Les protestataires qui ont été maintenus à plusieurs centaines de mètres de la résidence, s'étaient réunis à l'appel du Peuple Violet, un mouvement citoyen né sur Internet en octobre 2009 et qui avait notamment organisé avec succès le «No Berlusconi Day» en décembre 2009.

Eco et Saviano

Le lieu choisi est d'autant plus symbolique que c'est à Arcore que M. Berlusconi aurait organisé les soirées sulfureuses qui l'ont embourbé une fois de plus dans un scandale sexuel, le Rubygate, depuis 15 jours. Ruby est le surnom d'une jeune Marocaine qu'il est soupçonné d'avoir rémunérée pour des prestations sexuelles quand elle était encore mineure, un délit en Italie.

Samedi, une dizaine de milliers de personnes s'étaient déjà rassemblées à Milan en présence de personnalités comme les écrivains Umberto Eco et Roberto Saviano pour demander la démission du président du Conseil.

«Notre démocratie vit en otage», a dénoncé M. Saviano, accueilli comme une rock-star par une dizaine de milliers de personnes venu assister à ce meeting à la salle de concerts PalaSharp. Il faut «se rebeller contre l'image d'un pays corrompu» et affirmer «le droit de rêver à une Italie plus propre», a-t-il estimé.

L'ancien président de la République Oscar Luigi Scalfaro (1992- 1999) est lui aussi intervenu: «Il faut faire bouger l'opinion publique, chaque citoyen doit agir pour faire triompher la démocratie sur l'anti-démocratie».

Petit défaut...

De son côté, Umberto Eco a déclaré: «Nous sommes ici pour défendre l'honneur de l'Italie, pour rappeler au monde que tous les Italiens ne sont pas les mêmes». M. Berlusconi a en commun avec le président égyptien Hosni Moubarak «le petit défaut de ne pas vouloir démissionner», a-t-il plaisanté.

A Florence, en Toscane, une autre manifestation a rassemblé 3000 personnes, parmi lesquelles la réalisatrice Francesca Comencini, pour défendre la dignité des femmes et protester contre le comportement à leur égard de M. Berlusconi.

Silvio Berlusconi a lui réaffirmé samedi sa volonté de rester au pouvoir. «Nous continuons à gouverner. Il ne faut pas se rendre, et je suis l'exemple de la résistance: depuis 17 ans, on me lance de lourdes accusations pour me renvoyer chez moi, mais je continue à rester à mon poste», a affirmé le «Cavaliere» dans une intervention téléphonique au cours d'une fête de son parti.

(ats/afp)