Italie - Rubygate

15 février 2011 11:21; Act: 15.02.2011 21:23 Print

Berlusconi au tribunal en avril

Silvio Berlusconi devra rendre des comptes dans l'affaire du Rubygate, au travers d'un «procès immédiat». Ainsi en a décidé la justice italienne.

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La justice italienne a ordonné mardi un «procès immédiat» contre Silvio Berlusconi pour prostitution de mineure et abus de fonction dans le cadre du «Rubygate». La première audience est prévue le 6 avril au tribunal de Milan.

La juge Cristina Di Censo a suivi les recommandations du parquet, qui avait réclamé mercredi la comparution immédiate du président du Conseil pour de présumées relations sexuelles tarifées avec une jeune danseuse marocaine, Karima el Mahroug, alors qu'elle n'avait pas 18 ans, l'âge légal minimum de la prostitution en Italie.

Le parquet l'accuse aussi d'avoir exercé en outre des pressions sur des policiers milanais afin qu'ils relâchent la jeune femme, surnommée Ruby, arrêtée pour vol. Le chef du gouvernement dément toutes les accusations et dénonce des manoeuvres politiques de la part de juges de gauche.

Troisième scandale sexuel

L'affaire Ruby est le troisième scandale sexuel en moins de deux ans auquel est mêlé le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi, 74 ans, connu pour son amour des belles femmes. C'est toutefois son incartade la plus grave, car il a été renvoyé devant un tribunal pour prostitution de mineure.

Ses remarques sexistes sont presque entrées dans la légende, comme lorsqu'il a affirmé en 2005 avoir séduit la présidente finlandaise pour obtenir le siège de l'Agence européenne pour la sécurité des aliments (EFSA) à Parme ou qu'il invitait les entrepreneurs américains à investir en Italie en raison de la beauté des secrétaires de la péninsule.

Jusqu'à trois ans de prison

Cette fois, la situation est plus sérieuse car la prostitution de mineure est un délit passible de trois ans de prison. C'est la troisième affaire en 20 mois impliquant des mineures ou prostituées à laquelle le Cavaliere est mêlé.

Le premier «sexygate» éclate début mai 2009 avec «l'affaire Noemi» quand l'épouse du magnat, Veronica Lario, habituellement très discrète, annonce qu'elle demande le divorce. Elle explique que la goutte d'eau qui a fait déborder le vase a été la présence récente de son mari au 18e anniversaire d'une blonde napolitaine, Noemi, qui l'appelle «papounet».

Un homme «malade» selon ex-épouse

«Je ne peux pas rester avec un homme qui fréquente des mineures», écrit Veronica Lario, dans une lettre à un journal où elle le dépeint comme «malade» et nécessitant des soins, une accusation rejetée par M. Berlusconi.

Trois semaines plus tard, des photos de paparazzis montrant la villa de Silvio Berlusconi en Sardaigne avec des filles qui se promenaient les seins nus, circulent dans la presse internationale.

A la mi-juin, moins de deux mois après l'affaire Noemi, survient «l'affaire D'Addario». Patrizia D'Addario, une call-girl, affirme dans la presse avoir été engagée pour 2000 euros par soirée par Gianpaolo Tarantini, un organisateur de fêtes osées du chef du gouvernement.

Dans un livre publié à l'automne 2009, elle racontera une nuit torride fin 2008 avec Silvio Berlusconi dans sa résidence romaine, sous un duvet «trop chaud», offert par le leader russe Vladimir Poutine, comme d'ailleurs le gigantesque lit à baldaquin.

En octobre 2010, de premières fuites dans les journaux évoquent un nouveau scandale le Rubygate, centré sur la jeune Marocaine, Ruby Rubacuori (voleuse de coeurs), de son vrai nom Karima El Mahroug, mineure jusqu'en novembre. C'est dans cette affaire que M. Berlusconi fait l'objet depuis le 21 décembre d'une enquête du parquet de Milan, annoncée vendredi dernier.

TSR:

(afp)